Le flow, ce superpouvoir qui est en vous

Le flow, ce superpouvoir qui est en vous

Vous êtes vous déjà senti complètement absorbé par une activité ? Peut être eu une sensation de fluidité extrême. D’être à la fois totalement engagé et concentré sur votre activité mais également complètement détendu. Sans doute avez vous perdu la notion du temps. Si c’est le cas, vous avez sûrement connu ce que les psychologues appelle l’état de flow.

Je vous présente Mihaly Csikszentmihalyi. Ce psychologue américain, au patronyme hongrois imprononçable, a passé toute sa vie à étudier la créativité, le bonheur et la motivation.

Quand il n’est pas trop occupé à distribuer des cadeaux aux enfants sages

C’est à lui que l’on doit la notion de flow. Csikszentmihalyi décrit le flow comme un état d’engagement complet lors duquel la concentration est maximale.

VOTRE CERVEAU EN ÉTAT DE FLOW

Le flow est un état très satisfaisant. Cette satisfaction ne vient pas d’une envie ou d’un besoin qui serait comblé mais du simple fait d’accomplir la tâche de manière fluide et d’y prendre du plaisir. La satisfaction est ici intrinsèque. On parle d’activité autotélique, c’est à dire dont le seul but est sa réalisation en elle-même.

La recherche de cette satisfaction explique l’intérêt d’occupations qui peuvent sembler répétitive. C’est notamment cet état qui est recherché lors de la réalisation de mandalas dans l’univers bouddhiste ou qui explique le succès des coloriages pour adultes.

Les jeux vidéos sont également aptes à mettre le joueur en état de flow. C’est ce qui leur donne un caractère addictif.

Même combat

Ce qui est intéressant c’est que l’état de flow peut être atteint lors d’activités très diverses. Entrer en état de flow permet de prendre du plaisir a n’importe quelle activité et d’être très efficace. Vous pouvez écrire, dessiner, faire votre comptabilité ou votre ménage, préparer une présentation powerpoint  ou diriger une réunion, si vous arrivez à être en état de flow, vous en tirerez une grande satisfaction et serez plus efficace que jamais.

Nous verrons à la fin de l’article comment rentrer plus facilement dans cet état de flow et le maintenir. 

TU T’ES VU QUAND T’AS LE FLOW

Je voudrais vous présenter deux personnes qui savent particulièrement bien maîtriser cet état de flow.

Cet homme est le Dr. John Kitchin mais les gens l’appellent plus volontier Slomo.

John Kitchin flow

Ouiiiiiiiii ! Regardez moi ce sourire !

Le docteur Kitchin était un neurologue réputé, jusqu’à ce qu’il décide de s’écouter et qu’il plaque tout pour faire du roller au ralenti à Venice Beach. Il est devenu une célébrité locale et, même si les gens le prennent pour un fou, il semble avoir réellement trouvé une forme de paix intérieur et de joie de vivre.

Dans ce sujet qui lui est consacré, il déroule son parcours et raconte comment il en est arrivé là. Il explique également comment il peut passer des heures sur ses rollers et les sensations qu’il en retire. C’est une très bonne occasion de voir un individu complètement absorbé par son activité.

Le sport et le flow

Le sport est une activité qui a tendance à faire rentrer le pratiquant en état de flow. On dit souvent qu’on se « vide la tête » en pratiquant. Une part importante du succès de la course à pied vient très certainement du fait qu’elle permet d’atteindre facilement cet état.

Les sportifs professionnels eux recherchent l’état de flow non pas pour les sensations que cela procure mais pour améliorer leur performance.

La vidéo ci-dessous date d’Avril 2016, et représente un petit morceau de l’histoire du basket. Il s’agit du dernier match de la carrière du légendaire Kobe Bryant. C’est un événement qui dépasse largement la sphère du basket. Le Stapple Center ou jouent les Lakers est plein à craquer. De nombreuses stars sont venues assister à la rencontre. Dans la vidéo on peut apercevoir Jack Nicholson, Snoop Dogg, Kanye West (souriant !) ou Jay-Z. La star se doit de finir en beauté.

Mais à 3 minutes et 20 secondes de la fin du match, les Lakers de Bryant sont menés de 10 points (84-94),. La pression est immense. Mais avec une carrière professionnelle longue de 20 ans au plus haut niveau, Kobe n’est pas un lapereau de la veille. Il va assumer pleinement son rôle de meneur de jeu et marquer 6 paniers dont un trois points et 4 lancer franc pour permettre à son équipe de s’imposer 96-101.

La performance est exceptionnelle. Et si vous regardez la vidéo, vous pouvez remarquer une chose. Kobe est dans un état de concentration totale. Son visage est impassible, ses gestes mesurés, ses déplacements millimétrés. Il ne fait aucun mouvement superflu, il réussit tout ce qu’il entreprend en dégageant une impression de facilité déconcertante.

C’est un exemple parfait d’un sportif en état de flow. Si vous observez bien les grands champions, vous reconnaîtrez souvent cet état qui transparaît comme une concentration calme et résolue. Dans les interviews, Kobe décrit cela comme des moments de confiance en lui absolue.

Kobe Bryant flow

 

On l’a vu, le flow est un état plaisant, mais l’exemple de Kobe Bryant montre comment, quand on y ajoute la maîtrise qui vient des milliers d’heures de pratique, il permet de tirer le meilleurs de nous même.

COMMENT CA MARCHE ?

On est bien d’accord, le flow permet d’être défoncé et hyper efficace façon Bradley Cooper dans Limitless et on devrait tous en manger au petit déjeuner afin d’être plus heureux, plus efficace, plus beau et plus drôle. Mais comment faire pour atteindre cet état ? Faut il se lancer dans un marathon 3 fois par semaines ou troquer son iMac pour une trousse de crayons de couleurs ? Tournons nous à nouveau vers Mihaly Sczickzen- Csiskszetmi- Csiktszenmi- enfin vers ce bon vieux Mihaly !

Mihaly en a marre qu’on écorche son nom

Après de nombreux tests et interviews, il comprend que pour rentrer en état de flow il est nécessaire de supprimer les frictions qui ralentissent le fonctionnement de l’esprit. Il faut limiter les interrogations qui ralentissent l’exécution, que l’esprit se sente à l’aise mais pas non plus endormi et avoir la possibilité de rester concentré sur l’activité en cours. Il détermine que 7 conditions doivent être réunies pour entrer en état de flow :

  1. Savoir ce que l’on a à faire
  2. Savoir comment le faire
  3. Savoir si on le fait bien
  4. Savoir dans quelle direction on va
  5. Une difficulté ressentie élevée
  6. Un savoir faire ressenti important
  7. Ne pas être distrait

Reprenons ces éléments

1&2 . Savoir ce que l’on a à faire et comment le faire.

Il ne faut pas avoir à réfléchir à sa prochaine action ni être en train de se demander si la méthode que l’on emploi est bien la plus efficace. Le but est d’entrer le plus rapidement et le plus fluidement possible dans l’action.

3&4. Savoir si on fait bien et dans quelle direction on va

L’enjeu est d’éviter de se poser trop de questions. Si vous êtes en train de faire un coloriage, vous voyez immédiatement si le résultat est correct. Vous voyez également votre page se remplir au fur et à mesure. Ce retour visuel est d’une grande aide pour rester en état de flow. Sans cela, il est très facile de perdre sa concentration. Si vous coloriez à l’encre transparente et devez vérifier constamment où vous êtes déjà passé ou si vous ne connaissez pas l’ampleur du travail restant, votre esprit risque de vagabonder et vous serez moins à l’aise.

5&6. Une difficulté ressentie élevée et un savoir faire ressenti important

Votre esprit doit être stimulé suffisamment pour être pleinement occupé mais ne doit pas se trouver en difficulté. Les différents états qui peuvent être ressentis en fonction des de la difficulté et du savoir faire sont représenté dans la figure suivante :

7. Ne pas être distrait

C’est l’élément le plus simple à comprendre mais parfois le plus compliqué à implémenter. On considère qu’une plage de concentration d’au moins 20 minutes sans interruption est nécessaire pour entrer totalement en état de flow.

OK MAIS COMMENT JE FAIS ?

En plus de garder en tête les éléments ci-dessus, je vous propose un plan d’action en 6 étapes pour entrer en état de flow :

1 – Planifier une tâche

Il s’agit de choisir une tâche, qui soit adapté à votre savoir faire et de vous fixer un objectif clair et dont le résultat est mesurable. Par exemple, écrire 300 mots, pas écrire jusqu’à ce que j’en ai marre.

Préparez et vérifiez également votre lieu de travail. Vous devez avoir tout les outils et matériaux nécessaires à porté de main et en bon état.

Le but de cette étape est de faire en sorte que vous n’ayez plus à réfléchir à ce que vous avez à faire ni comment vous allez le faire et que tout se passe de manière fluide sans que vous ayez le besoin de vous interrompre.

2 – Eliminer les distractions

Éteignez votre portable, posez le hors de votre vue, désactiver le wifi, faites savoir que vous ne voulez pas être dérangé. C’est une étape cruciale et très difficile à respecter.

concentration flow

pourquoi pas ?

3 – S’y mettre

Il n’y a pas de secret, vous savez ce que vous avez à faire. Vous avez la connaissance et les bons outils. Il faut s’y mettre.

4 – Continuer

Ça n’est pas le moment de faire une pause BN. Pour entrer en état de flow, on l’a vu un certain temps est nécessaire. Cela peut être inconfortable mais il faut s’y tenir. C’est un petit secret qui était déjà connu de Tchaïkovski.

5 – Finir la tache

Il est important d’aller jusqu’au bout. A chaque fois que vous terminez une tâche, surtout une tâche compliquée, vous ressentez de la fierté. En fait votre cerveau reçoit une décharge de dopamine. Vous apprenez alors à associer le travail à un plaisir. A force de répétition, vous renforcez de plus en plus ce schéma, et prenez de plus en plus de plaisir à la tâche associée. Un peu comme si vous gagniez des niveaux dans un jeu vidéo.

Au contraire une tâche non terminée ou bâclée vous laissera un mauvais souvenir, il sera d’autant plus difficile de vous y remettre. C’est pourquoi il est important de se fixer des objectifs (mêmes simples) et de s’y tenir au maximum.

LE PETIT PLUS

Au delà de cette méthode, un certain nombre d’élément supplémentaires peuvent être engagés pour améliorer votre capacité à entrer dans le flow et à vous y maintenir.

  • Détendez vous

Respirer, étirez vous. Pour que votre esprit soit à l’aise votre corps doit l’être aussi. Pratiquer la méditation peut vous aider à atteindre plus rapidement un état de concentration élevée tout en restant détendu.

  • Choisissez le bon moment

Certain sont du matin d’autre du soir. Ecoutez vous et essayez de planifier vos séances de travail intensif en fonction de votre rythme. Je sais par exemple que je suis très peu efficace l’après midi. Je garde les travaux complexes pour le matin ou le soir.

  • Écoutez de la musique

La musique à 3 effets positifs. Premièrement elle vous coupe du monde extérieur et permet de limiter un peu plus les distractions potentielles. Deuxièmement elle occupe votre cerveau en tâche de fond. Troisièmement, elle vous entraîne à poursuivre votre travail.

Pour que cela soit efficace, il faut par contre qu’elle ne soit pas trop prenante. Je préfère des musiques instrumentales à des chansons dans des langues que je comprend par exemple, surtout si j’écris. Il existe des musique ou des sons créés spécialement pour faciliter la concentration. Vous pouvez essayer des bruits blancs ou des musiques telles que celles-ci. Personnellement j’aime les musiques de jeux vidéo. Elle sont composées de manière à être discrètes mais suffisamment entraînantes sans avoir l’air trop répétitive. Le seul inconvénient c’est qu’on vous prend un peu pour un fou lorsqu’on se rend compte que vous utilisez votre casque Bose dernier cris pour écouter de la musique 8 bits.

  • Créez un environnement idéal

Toujours le même but, éliminer les frictions. Sachez où sont vos outils (numérique ou non), maintenez les en bon état. Rien de pire pour gâcher une séance de travail que de devoir s’interrompre pour chercher son crayon pendant ¼ d’heure ou de s’arracher les cheveux à utiliser un logiciel obsolète sur un ordinateur qui rame.

  • Pratiquez la positivité pour devenir autotelic

Ok, devoir faire la vaisselle ou tondre la pelouse ne sont peut être pas vos activités préférées. Mais si vous les abordez avec un état d’esprit positif, elles peuvent devenir également des activité autotéliques. Pratiquer la positivité au quotidien vous permet de prendre du plaisir dans la réalisation des tâches les plus fastidieuses ou difficiles. Vu qu’il faut le faire, autant être efficace et  prendre du plaisir. 

 

 

 

N’hésitez pas à partager vos propres astuces et expériences.

6 inventions low tech qui pourraient changer le monde

6 inventions low tech qui pourraient changer le monde

On raconte que dans les années 60, les américains auraient dépensé 1 milliard de dollars pour développer un stylo pouvant écrire dans l’espace. Les russes auraient juste emporté des crayons. Même si cette histoire n’est pas exacte (et qu’utiliser un crayon dans une navette spatiale est une mauvaise idée), elle illustre bien le paradoxe de la course à la conception et à l’utilisation de technologies de plus en plus complexes et coûteuses. Pour preuve, le nombre d’appareils électriques, et autres robots multifonctions qui encombrent nos cuisines alors que les plats que nous préparons sont sensiblement les mêmes que ceux que préparaient nos grands parents sans utiliser d’électricité.

La conséquence la plus néfaste de cette course à la haute technologie est la surexploitation des ressources naturelles. On utilise de plus en plus de matériaux pour fabriquer des produits qui nécessitent de plus en plus d’énergie pour fonctionner. Ces produits deviennent tellement complexes qu’ils ne peuvent pas être réparés ni recyclés facilement, ils sont jetés fréquemment et les ressources qui les composent sont perdues.

Les métaux notamment sont très utiles pour les hautes technologies. Or en 2021, les réserves connues d’argent seront épuisées, celle d’or en 2025. Quand au cuivre, en prévision des pénuries à venir, la Chine en stocke des quantités record. Au point que son prix s’envole, entraînant avec lui le prix des cartes électroniques.

A l’opposé de cette course vers toujours plus de complexité, d’énergie et de matière dépensée, certaines innovations se démarquent par leur simplicité. Elles répondent à un problème concret en utilisant des ressources ou des savoir-faire disponibles localement. Elles sont facilement compréhensibles et réparables par leur utilisateurs et n’utilisent pas de ressources non renouvelables. On appelle ses inventions low tech, technologies intermédiaires, innovations frugales ou encore jugaad.

Explorons 6 exemples de ces innovations qui ne coûtent rien mais qui changent tout.

 

1 – Comment éclairer les habitants des bidonville sans danger et sans électricité ?

 

 

Dans les bidonvilles indiens ou brésiliens, les habitations privées de fenêtres et non raccordées à l’électricité sont plongées dans le noir même en plein jour. Les habitants ne peuvent pas travailler à l’intérieur et son condamnés à l’obscurité dès qu’il pleut ou que la chaleur est trop étouffante pour sortir. Comment résoudre ce problème ? Un ingénieur brésilien, Alfredo Moser, à trouvé une solution simple et fabricable uniquement avec des matériaux disponibles sur place : une bouteille d’eau vide, de la tôle ondulée et un peu d’eau de javel.

bouteille, lumière, low tech

Cette solution, installable et réparable par les utilisateurs a été adoptée dans de nombreux quartiers. Une version agrémenté d’un petit panneau solaire et d’une LED qui permet d’avoir de la lumière également la nuit est installée par de nombreuses associations.

 

2 – Comment sauver des milliers de bébés chaque année ?

 

 

Plus d’un million de bébés meurent chaque année le jour de leur naissance. Une des principale cause de ces décès est l’hypothermie. Les prématurés sont particulièrement sensibles car ils manquent de graisse pour se protéger. Dans les pays développés la solution est de mettre les bébés en couveuse pendant les premières heures de leur vie.

Le problème est que 98% des bébés naissent dans des pays en développement. Dans ces pays, beaucoup d’hôpitaux n’ont pas les moyens de s’équiper ou d’entretenir des couveuses. De plus leur accès à l’électricité peut être irrégulier.

Un groupe d’étudiant de Stanford à trouvé une solution  adaptée à ce problème. Leur « couveuse » est plutôt un duvet dans lequel on peut emmitoufler le bébé. A l’arrière de celui-ci se trouve une poche dans laquelle se glisse des chaufferettes qui produisent de la chaleur  grâce à un procédé physico-chimique. Cette couveuse maintient les bébés au chaud pendant 6h.

jugaad, embrace warmer, couveuse low tech

L’ONG Embrace, fabrique et distribue ces couveuses. En inde qui est une de leur principale zone d’action, on parle de technologie jugaad qui en hindi signifie « débrouillardise ».

3 – Comment permettre à chacun de disposer d’un ordinateur ?

 

 

Jerry Do it together, est une initiative d’étudiants français. Le concept est de fabriquer une infrastructure informatique (ordinateur ou serveur) en groupe, avec des composants de récupération assemblés dans un bidon. 

Jerry DIT do it together low tech

Inspiré de la mouvance du DIY et de l’open source, plus qu’un produit à part entière, le Jerry DIT représente un échange de savoir-faire et de pratiques qui permettent de répondre localement au besoin d’informatisation. Ces ordinateurs permettent l’accès à l’informatique et à internet avec un coût d’équipement nul et en recyclant du matériel destiné à être jeté.

Autre intérêt, fabriquer un Jerry DIT permets d’expliquer simplement comment fonctionne un ordinateur.

4 – Comment permettre à tous de découvrir l’infiniment petit ?

 

 

Le Foldoscope est un microscope imprimé sur du papier qui coûte moins de 1$ à fabriquer. Il fonctionne sans électricité, grossi 2000 fois et ne nécessite aucun savoir-faire particulier pour être assemblé ou utilisé. Il est particulièrement adapté aux terrains difficiles : Il ne pèse que 8g, on peut marcher dessus ou le faire tomber du troisième étage d’un immeuble et il continuera à marcher.

foldoscope, low tech microscope

Un tel microscope peut être utilisé pour détecter des maladies, telles que le paludisme, dans des échantillons de sang. C’est également un formidable outil pour intéresser des populations à la science. Il peut être utilisé pour regarder directement des échantillons ou pour projeter leur image sur un mur. Le Foldoscope à été conçu en faisant appel à des connaissances poussées en optique, en origami et en fabrication plane. Tout comme la couveuse Embrace, il peut difficilement être fabriqué localement. Néanmoins son faible coût, sa résilience, sa simplicité d’utilisation et son universalité font que l’on peut le considérer comme une low tech au sens large.

Manu Prakash et son équipe, qui sont derrière cette innovation, développent également une centrifugeuse en papier qui permet de quantifier le risque d’anémie.

 

5 – Comment conserver des aliments au frais sans électricité ?

 

 

En 2001, un tremblement de terre détruit l’atelier de poterie de Mansukh Prajapati dans l’Ouest de l’Inde. Il a alors l’idée de remettre au gout du jour une technique traditionnelle de conservation des aliments. Le Mitticool est une sorte de réfrigérateur en terre cuite. Il permet de conserver des aliments à une température 15 à 20 degré inférieure à la température extérieure.

Mitticool, refrgérateur low tech, jugaad

Pour cela, pas besoin d’électricité, il suffit juste de recharger régulièrement en eau. En s’évaporant, celle-ci raffraichi l’enceinte intérieure. En plus de ne nécessiter aucune source d’énergie et d’être fabricable localement, le Mitticool est entièrement recyclable.

 

6 – Comment se rendre à son bureau (et bien plus) ?

 

 

Les low techs ne concerne pas uniquement les pays en voie de développement. Un exemple de low tech que la plupart d’entre nous ont déjà utilisé est le vélo. Durable, simple, ne consommant pas d’énergie, le vélo est le moyen de transport le plus utilisé. On en fabrique dans le monde plus de 4 par secondes. Ils peut être adapté à divers besoins, qu’on les utilise pour se déplacer,  ou transporter des gens ou des objets. Certain sont même adaptés pour transmettre l’énergie humaine afin d’entraîner des machines tournantes ou monter des charges.

vélo triple

Le regain d’intérêt pour le vélo dans les pays développés et l’adoption massive de ce moyen de transport montre bien le potentiel des low techs.

 

Où vont les low techs ?

 

 

Les technologies low tech connaissent un regain d’intérêt. Pour preuve, le nombre d’articles, de sites ou de livres traitant du sujet sortis ces dernières années. Ce mouvement concerne tout le monde, pas seulement les populations des pays en voie de développement.

Pour les citoyens il s’agit de se réapproprier l’innovation et les objets utilisés au quotidien. Le lien est évident avec le mouvement du DIY, des fablabs et hackerspaces et avec les aspirations environnementales, humanistes et écologiques qui saisissent nos sociétés.

Tout l’intérêt d’une innovation low tech est qu’elle peut facilement être copiée, modifiée et réutilisée. Dès lors se pose la question de la rémunération. Quel serait l’intérêt d’une entreprise ou d’un particulier à dépenser du temps et de l’argent à inventer une solution sans espoir de retour sur investissement ?

Sans aucun doute, le fait que des initiatives désintéressées se multiplient, montre que l’intérêt financier n’est pas le seul moteur. Le fait pour un particulier ou une entreprise de résoudre un problème et de partager la solution peut apporter plus que de l’argent. L’échange, l’entraide, la reconnaissance sont des valeurs gratifiantes qui sont des moteurs forts. Et ce même pour une entreprise. Pour mémoire, Volvo a libéré le brevet de la ceinture 3 points pour que les autres constructeurs puissent l’installer dans leur voitures, contribuant à sauver des milliers de vies chaque année.

C’est ce que les bouddhistes appellent de l' »égoïsme intelligent ». Aider les gens avant de penser à soi apporte bien plus sur le long terme qu’un comportement intéressé. Notre bien être et notre estime de soi sont renforcés et cela permet d’enclencher un cercle vertueux qui finira par nous être personnellement profitable, d’une manière ou d’une autre.

Des ressources pour aller plus loin

 

Lowtech Magazine :  (en anglais) Site d’information et d’actualité sur la low tech Cap sur l’innovation : Une série d’émissions sur Arte, un équipage fait le tour du monde en voilier (encore une low tech) pour découvrir des low techs à chaque étape. Le Low Tech Lab : une communauté structurée autour de la low tech qui propose notamment des tutoriels pour réaliser chez soi des éoliennes, fours solaires ou autre monte charge à bicyclette. La chaire Industrielle Ingénierie et Innovation Frugale (I3F) de Télécom Paristech : anime la recherche et créé des évènements autour de l’innovation frugale (hackathon, séminaires, …). Stanford Poverty & Technologie Lab : le laboratoire dédié de l’université de Stanford qui est très actif depuis de nombreuses années dans le domaine. Small is Beautiful: A Study of Economics As If People Mattered, Schumacher, 1973, cet ouvrage promeut le retour à une innovation décentralisée et centrée sur l’humain

8 conseils de Stephen King pour les écrivains (et pas que)

8 conseils de Stephen King pour les écrivains (et pas que)

Vendre 350 million de livres ça vous tente ? Depuis son premier roman à succès, Carrie en 1974, Stephen King a publié plus de 50 romans et 200 nouvelles. Un grand nombre de ses livres ont été adaptés au cinéma. C’est un des auteurs les plus prolifiques et les plus lu ayant jamais existé. 25 ans après son premier roman, il publie son premier livre qui ne soit pas une fiction. On Writing est devenu très rapidement un classique pour tout les apprentis écrivains (et pas que). Stephen King y raconte ses débuts difficiles, puis explique des principes de base de l’écriture créative et expose ses méthodes et astuces. Ce livre est passionnant pour tout ceux qui s’intéressent à l’écriture et à la création. Je vous encourage vivement à le lire, même si l’écriture n’est pas une priorité pour vous.

En attendant, voici 8 principes tirés de son livre qui sont directement applicable pour les personnes qui écrivent, et leur adaptation pour tout les créatifs.

1. Lire beaucoup écrire beaucoup

« Vous ne pouvez pas espérer balayer quelqu’un par la puissance de votre écriture à moins que cela ne vous ait déjà été fait. »

-Stephen King, On Writing, 2009

Stephen King lit entre 70 et 80 livres par ans. Il considère pourtant être un lecteur assez lent. Quel que soit votre art ou votre intérêt, vous pouvez appliquer ce conseil. Il a d’ailleurs été montré que certains romans peuvent booster la créativité.

Dans un cadre plus large, il s’agit également de se nourrir de son art. Stephen King ne lit pas simplement, il dissèque les romans des grand maîtres et de ses contemporain. Si vous voulez grandir en tant qu’artiste il faut non seulement pratiquer, mais aussi consommer beaucoup. Si vous êtes peintre allez évidemment voir des expositions de peinture, si vous êtes menuisier, démontez les meubles de votre belle mère.

2. Avoir du vocabulaire mais ne pas se reposer dessus

Le vocabulaire est la base de l’écriture. Impossible d’écrire si on ne connait pas de mots. Stephen King donne des exemples très parlant d’écrivains qui écrivent de très belles histoires avec peu de vocabulaire et d’autres qui semblent vouloir étaler leur connaissance du dictionnaire à chaque page mais dont l’oeuvre reste plate.

Il faut connaitre les techniques de base de son art. Mais ne pas se sentir limité par son manque de connaissances. Ni vouloir étaler sa science dans chacune de ses œuvres.

3. Suivre les règles, sauf si on les connait très bien

La grammaire représente l’essentiel des règles de l’écriture. Il faut appliquer ces règles pour être compris. Ça n’est que lorsqu’on les connait suffisamment bien pour comprendre de quelle manière on les transgresse, qu’il est acceptable de le faire.

Il en va de même dans les autres domaines. Par exemple un musicien commence par improviser en utilisant les notes de gammes connues. Lorsqu’il maîtrise bien ses gammes, il comprend l’effet qu’aura une certaine note hors de celles-ci et pourra l’intégrer dans ses compositions. Commencez par apprendre, appliquer et maîtriser la grammaire de votre art avant de la transgresser au risque d’être incompréhensible ou inécoutable.

4. Ne pas s’arrêter ni ralentir

« Si je n’écris pas tout les jours, les personnages commencent à s’épuiser dans ma tête. Ils commencent à ressembler à des personnages et pas à de vrais personnes. […] Le travail commence à ressembler à du travail et, pour la plupart des écrivains, c’est le baiser de la mort »

-Stephen King, On Writing, 2009

L’élan initial est primordial et il faut l’entretenir. Après un temps d’arrêt prolongé, il devient difficile de se remettre à un ouvrage et celui-ci perd de son sens, même pour le créateur.

Un contrepoint à cette règle est pourtant apporté plus loin dans le livre. Stephen King explique qu’après avoir achevé la première version d’un manuscrit, il laisse celui-ci reposer quelques semaines avant de le reprendre avec un œil « neuf ». Il peut être utile de se laisser du temps lorsque l’on a atteint une étape importante.

5. Ecrire un mot à la fois

« Lors d’une de mes première interview (pour la promotion de Carrie je pense) Un animateur radio m’a demandé comment j’écrivais. Ma réponse : « un mot à la fois », l’a laissé sans voix. Je pense qu’il essayait de déterminer si je plaisantais ou pas. Je ne plaisantais pas. Au final c’est aussi simple que ça. »

-Stephen King, On Writing, 2009

N’importe quelle oeuvre, de la plus élémentaire à la plus complexe se construit en assemblant des briques de base. On peut être impressionné par une oeuvre massive. Mais Léon Tolstoï a écrit Guerre et Paix en mettant bout à bout des mots pour faire une phrase, puis une nouvelle, et encore une autre. De même Michel-Ange n’a pas peint le toit de la chapelle Sixtine en un jour, mais petit à petit, un trait de pinceau après l’autre.

6. Ecrivez porte fermée éditez porte ouverte

Coupez vous de l’extérieur, éteignez votre téléphone, n’aller pas sur internet. C’est de cette manière que vous pourrez vous concentrer assez longtemps pour pouvoir sortir ce que vous avez en vous. Le premier jet est pour vous, il doit refléter ce que vous avez dans la tête ou dans le cœur.

Une fois ce travail posé, ouvrez la porte pour la première relecture. Cela ne signifie pas que vous deviez présenter une oeuvre non aboutie. Mais lors de cette phase de relecture et de correction essayez de vous mettre à la place du public ou du client de votre oeuvre. Maintenant que la structure de votre oeuvre est posée il est important de s’assurer que celle-ci sera reçue et comprise comme vous le souhaitez par ce lecteur.

7. Laissez les personnages vivre

Stephen King conseille de ne pas s’attacher à écrire au préalable un scénario global. Sa méthode consiste à placer des personnages dans des situations et a retranscrire l’histoire qu’il voit se dérouler devant lui. Cette méthode n’est évidement pas adapté à tous les arts ou à tout les genres. On voit mal un roman policier être écrit de cette manière par exemple. C’est sûrement le fait qu’il ait lui même été surprit par la progression de sa propre histoire, qui donne au lecteur l’envie à chaque page de découvrir la suite.

Cette méthode peut être appliquée à d’autre activités créatives. En jazz par exemple, un groupe peut improviser autour d’une mélodie simple qui se répète puis se transforme.

C’est ce que font également collectivement les surréalistes lorsqu’ils inventent le cadavre exquis.

Man Ray, Max Morise, André Breton, Yves Tanguy - Cadavre Exquis (1928)

Man Ray, Max Morise, André Breton, Yves Tanguy – Cadavre Exquis (1928)

8. Le plus effrayant c’est avant de commencer. Ensuite ça ne fait que s’améliorer.

Une fois qu’on s’est lancé, qu’on a commencé à dire ses premières phrases, à coder ses premières fonctions, à tracer les premiers traits, les choses ne font que s’améliorer. La pompe est en marche et il reste « juste » à travailler.

Schumpeter, l’entrepreneur et les grappes d’innovation

Schumpeter, l’entrepreneur et les grappes d’innovation

Le moteur de l’économie, ce qui crée la valeur, c’est l’innovation.

C’est ce que démontre l’économiste Joseph Schumpeter au milieu du XXe siècle.

Par ces travaux, Schumpeter place l’entrepreneur au cœur de l’économie explore ce qu’est une innovation et explique grâce à la théorie des grappes d’innovation l’origine des cycles économiques qui nous font enchaîner périodes d’abondance et périodes de crise.

En bonus en fin d’article, et pour ne pas rester que dans la théorie économique, nous verrons quelles leçons l’individu peut tirer des travaux de Schumpeter pour progresser et construire son avenir.

(suite…)