Le moteur de l’économie, ce qui crée la valeur, c’est l’innovation.

C’est ce que démontre l’économiste Joseph Schumpeter au milieu du XXe siècle.

Par ces travaux, Schumpeter place l’entrepreneur au cœur de l’économie explore ce qu’est une innovation et explique grâce à la théorie des grappes d’innovation l’origine des cycles économiques qui nous font enchaîner périodes d’abondance et périodes de crise.

En bonus en fin d’article, et pour ne pas rester que dans la théorie économique, nous verrons quelles leçons l’individu peut tirer des travaux de Schumpeter pour progresser et construire son avenir.

Une économie sans innovation est stationnaire

Imaginons un secteur économique sans innovation. Une entreprise produit et vend un bien ou un service. Si cette entreprise gagne de l’argent, elle risque de voir son produit copié à l’identique et vendu par d’autres.

Si l’entreprise n’innove pas non plus sur les moyens ou méthodes de production, le coût de production ne changera pas. Pour être compétitifs les vendeurs ne peuvent que diminuer leur marge.

Les marges faibles font que les produits finissent par être vendus quasiment à leur prix de revient. L’offre devient égale à la demande. Aucune richesse supplémentaire n’est créée. On arrive dans ce que Schumpeter appelle une économie stationnaire. La chute des prix se propage sur toute la chaîne de production et plus personne ne gagne d’argent.

L’entrepreneur acteur de l’innovation

Au sens de Schumpeter, un entrepreneur est quelqu’un qui porte une innovation. Il distingue d’ailleurs l’entrepreneur du chef d’entreprise, qui peut être un simple gestionnaire. Un entrepreneur peut donc être salarié ou indépendant.

L’entrepreneur étant la force motrice de la croissance économique, il doit être accompagné et encouragé. Il lui incombe par contre de porter ses idées et de les développer.

Mais attention, pour être entrepreneur, il ne suffit pas d’avoir une, ou plusieurs idées. Il faut concrétiser ses projets et innover en continu pour maintenir le cycle de croissance. Il écrit d’ailleurs en 1942 dans Capitalisme, socialisme et démocratie :

 La plupart des créations de l’intelligence ou de l’imagination meurent sans laisser de trace après une période qui varie entre une heure d’après-dîner et une génération.

Les 5 types d’innovations de Schumpeter

Schumpeter s’est également intéressé aux innovations en elles-même et les classe selon 5 types :

1. L’innovation de produit

Le type d’innovation qui vient le plus facilement à l’esprit. C’est l’invention d’une nouvelle classe de produits, par exemple l’automobile, l’ordinateur, le baladeur mp3…

2. L’innovation de procédés

Inventer une nouvelle manière de produire peut être une innovation majeure. Par exemple lorsque Henri Ford introduit le système de la chaîne de montage il peut proposer un produit auparavant inaccessible à un prix abordable pour la classe moyenne. Autre exemple, de nos jour on peut imprimer des pièces grâce à des imprimantes 3D et prototyper en un temps ridicule par rapport aux méthodes classiques. L’impression 3D permet également d’inventer des pièces ayant des formes autrefois impossibles à fabriquer.

3. La découverte d’une nouvelle source de matière première ou d’énergie

Les nouvelles sources d’énergie ont été à la base de progrès considérables. Le déploiement de l’électricité, la machine à vapeur, le moteur thermique ont entraînés des développements industriels et des bouleversements majeurs des modes de vie.

4. Les innovations commerciales 

L’innovation se retrouve également dans l’invention de nouvelles manières de vendre ou de promouvoir un produit. Les grand magasins sont un exemple d’innovation dans la manière de vendre par exemple (le bon marché est créé juste après la naissance de Schumpeter). On peut penser aussi au porte à porte, à la vente par correspondance ou au e-commerce.

5. Les nouveaux types d’organisation 

Ce type d’innovation peut avoir pour origine une modification réglementaire. Par exemple la possibilité de créer des sociétés anonymes ou l’ouverture d’un marché. Mais aussi des mode d’organisation originaux de sociétés. Par exemple une société comme AirBnB est valorisé quasiment au même prix que son concurrent Hilton sans posséder un seul bien immobilier.

Les cycles économiques et les grappes d’innovation

Schumpeter souligne que les innovations n’arrivent pas seules. Par exemple l’iPhone, qui était à sa sortie une nouvelle classe de produit, a été suivi de nombreux autres smartphones. Çà n’est pas un hasard. On l’a vu plus haut, une innovation de rupture créé de la valeur. Il y adonc un potentiel pour créer du profit dans lequel s’engouffrent les entreprises et individus. On assiste donc à la survenue d’une grappe d’innovation.

Il ne s’agit pas uniquement de copier un modèle qui a du succès. Une innovation arrive en général à un moment ou plusieurs facteurs sont réunis. La faisabilité technique et l’acceptation du marché en particulier rendent possible l’apparition et le succès d’une innovation.

C’est une innovation de rupture qui initie la grappe, mais par la suite les acteurs du secteur réalisent des innovations incrémentales qui peuvent être de différents types. On peut reprendre l’exemple de la grappe d’innovation des smartphones, lancé par l’iPhone en 2007. Au cours du développement de la grappe d’innovation, on profite d’innovations de produit (un plus bel écran, un processeur plus rapide), d’innovations commerciales (les smartphones One+ qui sont vendus sur invitation par exemple) ou d’innovations de procédés (des smartphones produit en très grande quantités vendus très peu cher ou au contraire fabriqués localement et de manière durable). Avec l’augmentation du nombre d’acteurs, le marché sature et les progrès au sein de la grappe finissent par se tasser.

On se retrouve dans la situation décrite en début d’article où l’innovation devient de plus en plus difficile. Après la période d’euphorie et l’appel d’air créé par l’innovation de rupture, les profits se tassent et les acteurs sont de moins en moins capables d’innover. Les crédits souscrits au moment où la manne était présente deviennent difficiles à rembourser. Une crise survient.

Au moment de la crise les entrepreneurs ont l’obligation d’innover radicalement pour trouver une source de croissance et le cycle recommence.

Avec ce modèle, Schumpeter propose une explication plausible des cycles de Kondratiev mis en évidence au début du XXeme siècle.

La création destructive

Schumpeter fait également le constat que les innovations, en particulier les innovations de rupture font disparaître des pans entiers de l’économie, qui deviennent obsolète.

En effet, une innovation réussie crée un avantage pour l’organisation qui la porte. Les concurrents déjà installés voient en parallèle leurs avantages disparaitre. C’est le cas par exemple des sociétés de taxi traditionnelles qui sont largement menacées par les services de VTC (principalement Uber en France) qui ont su proposer une innovation de produit (une voiture avec chauffeur commandable via un smartphone) et une innovation d’organisation (aucun véhicule possédé ni aucun chauffeur employé).

C’est aussi le cas de l’industrie du charbon qui est aujourd’hui en train de s’éteindre au profit de l’industrie du pétrole et du nucléaire. Qui elles-mêmes commencent à être remplacées par de nouvelles sources d’énergie.

On pense également à la robotisation qui fait disparaître de nombreux emplois non qualifiés et à l’intelligence artificielle qui menace demain la moitié des emplois de la planète.

Que peut retirer l’individu des leçons de Schumpeter

Schumpeter s’est intéressé au fonctionnement de l’économie dans son ensemble. Mais on peut tirer des applications directes de ses théories

1.Il est nécessaire d’innover

On a vu que c’était non seulement souhaitable mais nécessaire pour qu’une entreprise fonctionne. Ceci est aussi vrai pour toute organisation. Un service, un groupe de rock une association, tous doivent innover et ne peuvent se contenter de faire toujours les mêmes choses si ils veulent progresser. Certaines entreprises l’ont compris. Par exemple chez Microsoft, chaque service a l’obligation d’innover, même la comptabilité et le service courrier.

En extrapolant, on comprend que l’innovation est également primordiale au niveau individuel. Pour progresser et croître (professionnellement, culturellement, personnellement,…) il est nécessaire d’explorer, de créer et de se réinventer.

2.L’innovation peut prendre plusieurs forme

On peut créer de nouvelles choses, ou bien créer des choses de manière nouvelles. C’est ce que Schumpeter nous montre avec ses 5 types d’innovations. On peut également les combiner et il en existe surement d’autres. Plus que de dénombrer et classer, il est important de comprendre qu’il existe de nombreuses manières et de nombreux terrains où innover et que l’innovation ne se réduit pas à l’invention d’un produit nouveau.

3.C’est dans la crise que les innovations naissent

Lorsque tout va bien, on ne ressent pas le besoin de créer de nouvelles choses. Etre mal à l’aise est le moteur de la création. C’est ce qui explique l’Effet Kafka en particulier.

Se poser des contraintes, tenter de nouvelles expériences, se mettre en difficulté, ce sont ce genre d’actions qui nous mettent dans un état d’esprit créatif. Parfois même en nous obligeant à trouver des solutions.

Si vous voulez vous challenger dans ce domaine, apprendre à innover naturellement et devenir plus créatif, le mieux est de s’entraîner. Remplissez le formulaire ci-dessous pour recevoir chaque semaine gratuitement des exercices de créativité originaux.

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