Ultralearning

Ultralearning

L’apprentissage est également une part majeure de ma vie professionnelle. Dans mon métier, je suis amené à devoir comprendre rapidement des problématiques liées à des domaines souvent très techniques et très différents. Ma rapidité de compréhension et de rétention est primordiale pour mener à bien et dans les temps les missions qui me sont confiées.

Beaucoup de créateurs sont d’abord des curieux. Poussés par une soif d’apprendre, ils recherchent, ils démontent, ils remontent, ils essaient,… La création n’est qu’un sous produit ou un résidu de cette exploration. Je sais que c’est mon cas. J’adore apprendre de nouvelles choses et j’ai toujours envie de tout savoir et de tout essayer.

Or, je suis souvent déçu de la durée qui m’est nécessaire pour apprendre de nouvelles techniques ou appréhender de nouveaux domaines de connaissance. J’ai par exemple  passé des jours à apprendre la guitare (depuis 10 ans) sans pour autant me sentir aujourd’hui à l’aise et en capacité de créer dans ce domaine. Autre frustration. Je me rend compte que j’oublie très rapidement des gestes ou des savoirs que je maitrisais pourtant.

J’ai donc cherché à comprendre comment fonctionnaient mes capacités d’apprentissage et de rétention et comment en tirer le meilleur parti.

En m’intéressant à ce qu’on appelle le meta-apprentissage ou l’art d’apprendre à apprendre j’ai découvert Scott H. Young, certainement un des animateur les plus actif du domaine. Écrivain, coach et enseignant, il cherche à maîtriser et explorer le sujet depuis une dizaine d’années. Il met en pratique ses recherches au travers de projets très ambitieux. Il a par exemple tenté de compléter le cursus de 4 ans d’informatique du MIT ou d’apprendre 4 langues étrangère très différentes en moins d’un an.

Après plusieurs livres sur le sujet, principalement orientés vers les étudiants, Ultralearning vise une audience plus large et est une synthèse de toutes ses années d’étude et d’expérimentation. Pour ce livre, en plus de son expérience personnelle, Scott a étudié les techniques et les méthodes de ce qu’il appelle des « ultralearners ». Des individus qui, comme lui, on décidé d’optimiser leur apprentissage. Certain sont des élèves dont il détaille le parcours. D’autre sont des exemples historiques : Van Gogh, Da Vinci, Benjamin Franklin,… Il prend également comme exemple des contemporains plus ou moins célèbres : Nigel Richards (multiple champion du monde de scrabble, en anglais et français), Mike Tyson, Ken Jenning (plus grande somme totale gagné dans le monde des jeux culturel télévisé, 3 600 000$, 74 victoires consécutives à Jeopardy).

De ces études, Scott H. Young retire 9 grands principes qu’il a retrouvé dans la pratique de la plupart de ces ultralearner. Il croise ces expérience pratique avec des publications scientifiques sur le sujet qui éclairent et expliquent pourquoi ces mécanismes sont si utiles.

Les 9 clefs de l’apprentissage efficace

1.Meta-apprentissage

Premier principe utilisé par la plupart des ultralearners, le méta apprentissage consiste justement à se poser un cadre et des bases autour d’un apprentissage considéré de manière active et consciente. Scott H. Young constate que la plupart des ses cas d’étude ont une idée très claire de ce qu’ils veulent apprendre (quoi), de la raison pour laquelle ils veulent l’apprendre (pourquoi) et de la stratégie qu’ils vont employer pour y arriver (comment).

Même si les sujets, les objectifs et les stratégies sont différentes pour chacun, les ultralearner explicitent clairement ces trois éléments.

2.Concentration

Les ultralearners font tous preuve d’une capacité et d’une volonté de concentration importante pour mener à bien leur projet.

Scott H. Young détaille différentes stratégies employées pour entrer dans un état de concentration et s’y maintenir.

Il fait une distinction intéressante entre des moment de concentration « froide » ou le sujet est détendu et cherche à s’isoler de tout stimulus extérieur (ou à les ignorer) et une concentration « chaude » ou au contraire il peut être très actif et en interaction avec des sources multiples. La concentration froide étant idéale pour les taches complexes ou le résultat est important alors que la concentration chaude permet d’enchainer un ensemble de tâches simples ou de ce mettre dans un mode d’exploration ou de génération d’idées.

3.Adéquation apprentissage/application (directedness)

Scott H. Young remarque que les ultralearners cherchent le plus possible et le plus tôt possible dans leur apprentissage à se confronter à la tache qu’ils veulent maîtriser. Par exemple, une personne souhaitant apprendre à faire des jeux vidéo devrait directement se lancer dans la création de son propre jeu plutôt que d’apprendre à coder en C++.

Se faisant, on limite les difficultés liés à ce qu’on appelle, en apprentissage, le transfert c’est-à-dire le passage d’une activité acquise dans un contexte d’apprentissage (dans une salle de classe typiquement) à la même activité réalisée dans le monde réel.

Cela permet également de ne pas perdre de temps à apprendre des choses qui ne seront pas directement appliquées et qui risquent fort d’être inutiles ou oubliées rapidement.

« The easiest way to learn directly is to simply spend a lot of time doing the thing you want to become good at »

– Scott H. Young

4.Exercice (Drill)

Autre particularité des ultralearners, il pratiquent régulièrement et avec une attention soutenu des exercices particuliers en rapport avec un élément précis de leur apprentissage. Cette pratique peut être vue comme contradictoire par rapport à la précédente. Les deux sont bien complémentaires. Le but de ces exercices est de se focaliser sur un point faible ou un aspect  primordial d’un apprentissage afin de le maîtriser complètement. Concrètement, un basketteur apprendra beaucoup en jouant le plus possible de matchs, mais il devrait également pratiquer des séquences particulières de lancer franc.

On retrouve ici la notion de deliberate practice mise en avant par le golfeur Ben Hogan.

5.Remémoration (Recovery)

Une des meilleure méthode pour se remémorer durablement les choses est simplement d’essayer de se les rappeler. Plusieurs études on démontré cela et il semble que ce phénomène soit bien connu des expert de la mémoire.

Si vous essayez de vous rappeler ou de tester vos connaissance sur un sujet , que vous retrouviez ou non la réponse, celle-ci sera mieux mémorisée et de manière plus durable.

Les chercheurs ont montré que, à temps passé équivalent, cette stratégie était meilleure pour retenir le contenu d’un texte que de le relire, de le résumer ou de le représenter de manière visuelle.

6.Feed back

Le feed-back est évidemment un élément primordial pour l’apprentissage. Scott H. Young souligne le fait qu’il peut être de qualité différente et distingue trois niveau de feed-back:

Niveau 1: Résultat global – Seul le verdict est connu sans plus de détail. Cela peut être une note à un concours ou l’examen du permis de conduire par exemple où le candidat à le résultat sans savoir quelles ont été ses erreurs ou si il en a commis.

Niveau 2: Mise en évidence des erreurs – l’apprenant sait ce qu’il a fait de correct ou non, mais pas ce qu’il aurait du faire. C’est ce qu’il se passe par exemple lorsqu’on parle une langue étrangère et qu’on remarque à la tête de notre interlocuteur qu’il ne comprend pas une certaine phrase. C’est aussi le feedback qu’à un programmeur lorsque son compilateur lui indique une erreur à une certaine ligne.

Niveau 3: Correction – C’est le feed-back le plus riche. L’apprenant, en plus de comprendre ses erreurs est informé de la bonne réponse, ou de la bonne manière de faire. Mieux, il peut être guidé vers la meilleure façon de ne plus faire cette erreur.

Evidemment, il faut essayer d’avoir le plus de feed back possible et un feed-back de la plus haute qualité possible pour progresser.

Scott H. Young évoque également des études de chercheurs qui se sont intéressés au meilleurs délais pour le feed-back (immédiat ou différé). Même si les résultats des études sont contradictoires et ne semblent pas pouvoir démontrer qu’il existe une meilleure solution, l’expérience de l’auteur le pousse à suggérer un feed-back le plus rapide possible dans la plupart des cas.

7.Mémorisation

Les différentes techniques de mémorisation étaient au cœurs des précédent livres de Scott H. Young. Ici il se contente de noter que la plupart des ultralearner utilisent des méthodes classique de mémorisation (mnémotechnique, palais mental, répétition espacé,…).

Il s’intéresse par contre au mécanisme de la mémoire mis en évidences par les scientifiques. Il souligne notamment que l’oubli est inévitable (Il est même nécessaire à l’apprentissage) et met en avant les techniques permettant de le limiter.

8.Intuition

Ici l’auteur se concentre sur une étude de cas particulier qui est celle du physicien Richard Feynman. Il relève le fait que Feynman était réputé pour son intuition et cherche à démontrer que cette intuition était lié à une ouverture d’esprit et à une capacité d’apprentissage importante. Il détaille ensuite les différentes techniques de Feynmann et notamment celles qui permettent de se prémunir du biais d’illusion de connaissance (effet Dunning-Krugger) qui consiste à croire que l’on comprend bien un sujet ou qu’on le connait bien lorsqu’il est expliqué alors qu’on aurait été incapable de l’expliquer par nous même.

Feynman avait notamment l’habitude de reformuler des concepts ou des principes physique en partant d’une feuille blanche et sans recours à des sources, de manière à s’assurer qu’il les comprenait bien et n’avait pas simplement l’impression de les connaitre.

9.Expérimentation

Ce chapitre est également principalement dédié à un exemple illustre qui est celui de Vincent Van Gogh. Scott H. Young, en s’appuyant largement sur la biographie de Steven Naifeh, explique comment Van Gogh, dans les dernières années de sa vie dédiées à l’art, n’a eu de cesse de tester et d’explorer différentes techniques et différents médium à travers un apprentissage rigoureux. Pour lui, l’expérimentation est la clef qui a permis à Van Gogh de trouver l’envie d’apprendre. C’est cette envie qui l’a mené à la maîtrise de la peinture (entre autre) et l’a poussé à proposer des œuvres radicalement nouvelles et influentes.

Conclusion

Le livre est facile à lire car bien organisé et clairement écris. Il n’en reste pas moins très complet et intéressant d’un point de vu théorique même pour des gens familiers avec le sujet. Tout est fait pour que les notions évoquées soient directement applicables : les exemples sont nombreux et variés et chaque chapitre se termine par des méthodes pour mettre en œuvre les concepts évoqués. Sa principale qualité pour moi est qu’il est extrêmement inspirant notamment par le nombre et la diversité des apprentissages et des apprenants cités en exemple.

Il se termine par un guide pour se lancer dans son propre projet d’Ultralearning. Même si vous n’avez pas envie de vous lancer, sa lecture donne une furieuse envie d’apprendre de nouvelles choses, en plus des clefs pour le faire au mieux.

Je ne peux que le conseiller à tout ceux qui aiment apprendre des choses nouvelles, qui enseignent ou qui sont intéressés par la mémoire ou l’apprentissage de manière générale.

Cliquez sur l’image du livre pour être redirigé vers la page de vente Amazon. Le lien est affilié : si vous décidez de vous l’offrir, une partie du prix nous sera reversé et permettra de financer notre site.

Comment ne pas raser un yack ?

Comment ne pas raser un yack ?

Ampoule cassée et poil de yack

Si vous regardiez la série Malcolm in the Middle dans les années 2000, vous adoriez surement les petites saynètes qui précédaient le générique. Dans l’une d‘elle, on suit Hal (l’excellent Bryan Cranston pre-Breaking Bad) alors que la lumière de sa cuisine vient de rendre l’âme. Il va chercher une ampoule neuve dans le placard et se rend compte que l’étagère est en train de tomber. Le tournevis est dans un tiroir de la cuisine, mais celui-ci couine lorsqu’il le ferme. Le bidon d’huile est vide. Il décide donc de prendre sa voiture pour se rendre au magasin mais celle-ci ne démarre pas…

Lorsque sa femme Loïs rentre et lui demande si il a enfin remplacé l’ampoule dans la cuisine, il sort de sous sa voiture, couvert de graisse et visiblement énervé et lui rétorque « Et d’après toi, qu’est ce que je suis en train de faire ! »

Je pense que beaucoup se sont déjà trouvé dans une situation similaire. Alors qu’on avait prévu de faire une tache simple, on se sent dans l’obligation d’en faire une myriade d’autres qui paraissent absolument nécessaires. Au bout d’un moment, on se rend compte que le temps a passé et que la tâche à laquelle on souhaitait s’atteler n’est toujours pas commencée.

Il s’agit d’une forme de procrastination particulièrement pernicieuse car elle donne l’impression d’être productif. En réalité, notre cerveau est un flemmard, il cherchera toujours les excuses qui lui permettront d’en faire le moins possible. Face à une tâche exigeante, il pourra se persuader lui-même que nous sommes productif, alors que nous sommes simplement actif.

On se persuade même que l’on fait les choses bien une fois pour toute, pour pouvoir avancer la prochaine fois. On cherche une meilleur manière d’organiser ses notes, on cherche le meilleur logiciel ou le meilleur matériel, on réponds à un mail ou on passe un coup de fil « pour être tranquille ensuite ». Même si ça nous prend tout notre temps de travail, on raisonne en se disant que tout sera prêt pour commencer demain. Le lendemain, on trouvera autre chose à faire.

Les anglophones ont une expression pour évoquer ce phénomène particulier. Ils parlent de yack shaving, littéralement : rasage de yack. À force de suivre inconsciemment le flot des actions impulsées par notre cerveau, on en arrive à faire des choses absurdes, comme raser un yack pour récupérer ses poils afin de fabriquer une brosse, simplement pour éviter de faire une tache difficile.

Le rasage de yack retient notre créativité

On peut penser que ces moments d’errance créent une spontanéité nécessaire au travail créatif.  Mais aucune grande œuvre n’arrive par hasard. Personne n’a commencé à tapoter sur son bureau en remplissant une feuille Excel et s’est tellement pris au jeu qu’il a continué à faire de la musique jusqu’à enregistrer un morceau. Personne n’a gribouillé dans la marge de son cours pendant suffisamment longtemps pour arriver à une BD publiée. Pour réaliser et se réaliser, il faut être à ce que l’on fait.

Mieux vaut être conscient de ce que l’on fait, de ses objectifs et de ses limites. Si on estime que ranger sa chambre ou faire la vaisselle est une activité qui mérite que l’on y consacre du temps, autant le faire pleinement plutôt que dans le but d’éviter autre chose. Si on se fixe un objectif, quelle que soit l’ambition de celui-ci. Il est important de le mener à bien ou de l’abandonner.Mais le laisser mourir ou le reporter n’est qu’une rustine qui peut marcher à court terme mais qui nous pèsera.

Comment ne pas raser un yack ?

Quand on se demande comment créer de manière efficace, la réponse est toujours: être conscient. Mais cela n’est pas vraiment d’une grande aide. Voilà quelques techniques qui peuvent être mises en place si, comme moi, vous êtes sujets au rasage de yack intempestif.

1.Un environnement de travail optimisé

Il est bon d’être dans un environnement sain pour accomplir les taches difficiles. Les outils doivent être prêt. Le travail à faire clairement défini. Les possibilité de distractions limitées. L’idée est d’arriver à se mettre rapidement dans un état optimal pour arriver à un état de flow dans lequel le résultat obtenu sera maximal en un temps minimal.

Evidemment préparer cet environnement peut prendre du temps. Si lorsque j’arrive sur mon lieu de travail, je passe 30 minutes à ranger pour que tout soit parfait, je suis peut être encore en train de raser un yack. Tout est affaire d’équilibre. Pour trouver la limite il faut être conscient et honnête avec soi-même. Il faut aussi accepter que les conditions ne seront  jamais parfaites et se lancer.

2.Savoir faire des pauses

Parfois c’est au beau milieu d’une séance de travail que tout dérape. On va rapidement faire une recherche sur internet pour trouver l’orthographe d’un mot et avant de comprendre comment on en est arrivé là, on se retrouve à regarder une vidéo expliquant les règle du boulingrin (oui ça m’est arrivé tout à l’heure).

Créer un environnement hors d’atteinte de toute distraction est possible. George R.R. Martin utilise une machine sous DOS, non connectée à internet et le logiciel Wordstar 4.0, pour écrire Game of Thrones.

[Spoiler alert]

Si vous écrivez des romans de fantasy, ça vaut le coup d’essayer. Cela reste néanmoins difficilement faisable en fonction de votre occupation. Une autre stratégie est d’accepter ces moment d’errance. Les identifier et se rendre compte que si cela arrive c’est peut être parce qu’on a besoin de faire une pause ou de se ménager des temps de repos.

Dans ce cas là, la meilleure stratégie est de faire une vraie pause. Levez vous et marchez si vous étiez assis. Évitez de sortir votre téléphone ou de regarder un autre écran si vous travailliez sur ordinateur. Si vous étiez dans le dialogue, restez un temps dans le silence. Vous serez ensuite à même de reprendre votre travail plus sereinement et plus efficacement.

Si vous le pouvez, anticipez ces périodes de mou et prévoyez des pauses régulières avant qu’elles n’arrivent. La technique du Pomodoro peut vous être intéressante. L’idée est de s’imposer des périodes de travail minutées, séparés par des périodes de poses également minutées. Cela peut être efficace même si je trouve que les temps de travail proposées par défaut dans la méthode sont trop cours pour permettre de vraiment s’immerger dans une tâche.

3.Gérez votre énergie

Notre capacité de concentration est limitée. Il est possible de l’améliorer à force de pratique, mais il est difficile de rester concentré sur une tâche créative ardue pendant toute une journée. On recommande souvent de commencer son travail par la tâche la plus difficile. Mais cela peut être adapté en fonction de vos rythmes personnels. Si êtes plus efficaces juste après le déjeuner, ou au cœur de la nuit lorsque les autres dorment, faites vos activités les plus importantes à ce moment là. Testez vous et respectez vous, il n’existe pas de recettes universelles.

Se fixer des plages de travail récurrentes et limitées dans le temps vous fait prendre l’habitude de vous mettre dans le bain tout de suite sans vous poser de question. Par exemple, je décide d’écrire tout les jeudi de 14h à 16h. C’est une obligation, je l’ai inscrit dans mon calendrier et je refuse tout autre engagement pendant cette période. A 13h55 le jeudi, je suis prêt. Le fait de savoir que je devrai m’arrêter 2h plus tard me pousse à rentrer le plus rapidement possible dans mon travail et à ne pas en ressortir.

Si vous avez déjà bien avancé, ou fini votre tâche la plus difficile dans la journée ou que vous avez prévu un temps pour le faire, laissez vous aller. Si vous sentez que vous glissez vers du rasage de yack, prenez-en conscience et profitez-en pour réaliser des activités moins exigeantes intellectuellement mais importantes aussi. C’est le bon moment pour faire toutes ces tâches secondaires que vous vous êtes empêché de faire plus tôt. Comme faire la vaisselle ou la préparation de votre environnement optimal.

Les clefs

  • Le rasage de yack est une manière pour notre cerveau de se passer de faire une activité difficile tout en se donnant l’air d’être très occupé.
  • C’est un ennemi de la créativité car cela nous détourne du travail concentré.
  • On peut limiter cet effet en adaptant notre environnement mais surtout en cultivant la pleine conscience.
Tout art est imparfait

Tout art est imparfait

C’est ce qui vaut la peine de le pratiquer

Dans l’interview donnée à France Culture pour l’émission Masterclasse, Paul Auster revient sur un évènement marquant de sa carrière d’écrivain.

Après que plusieurs de ses premiers manuscrits ait été rejetés par des éditeurs, il se considère comme incapable d’écrire un roman de fiction. Il fait alors le choix de se consacrer à la poésie.

Après quelques années, alors qu’il est dans la tourmente personnellement et professionnellement (il manque d’argent et son couple va mal), un ami l’invite à assister à la répétition générale d’un ballet. Paul Auster décide de s’y rendre. Cette décision changera sa vie.

La représentation a lieu dans une sorte de gymnase. Les danseurs se meuvent sans musique. Paul Auster est frappé par la beauté des corps en mouvement. Par leur déplacement dans la pièce. Leurs rapprochements et leurs éloignements. Le moment est magique, il est transporté.

Puis, au bout d’une dizaine de minutes, la chorégraphe stoppe la représentation. Elle prend la parole pour expliquer ce qu’elle a voulu exprimer, comment elle a construit son ballet. Le charme est rompu. Ses mots tombent à plat, le discours sonne faux. L’émotion a disparu. 

Mais le ballet reprend, et à nouveau Paul Auster est transcendé par la grâce. Jusqu’à ce que la chorégraphe reprenne la parole…

Ces moments d’extase et de redescente s’enchainent pendant toute la soirée. En rentrant chez lui, Paul Auster a compris une chose : les mots ne permettent pas de rendre compte des émotions et de la beauté du monde.

Cette pensée le libèrera. Il se remettra rapidement à écrire de la fiction et ses romans, non seulement seront édités mais connaitront un énorme succès public et critique.

Réaliser que son art est et restera toujours imparfait enlève beaucoup de pression des épaules de l’artiste. Cela vaut la peine de tenter de se rapprocher de cet idéal. D’essayer d’en capter une petite partie. Mais si cela était faisable, à quoi bon continuer. Y aurait-il beaucoup de peintres si la peinture idéale était accrochée au Louvres ? Y aurait-il beaucoup de poète si le poème idéal était publié aux éditions de la pléiade ? Surement pas.

Le principe même de l’idée (au sens de Platon) c’est qu’elle n’est pas terrestre. Nous n’en voyons que ses ombres. L’artiste, à travers son œuvre, cherche à atteindre et à rapprocher l’idée de nous. Savoir que cette entreprise est vaine, que jamais on ne pourra, retire une grande partie du fardeau et permet de continuer cette recherche.

L’art touche à l’infini car que l’artiste tend vers un but inatteignable. Sachant qu’il n’y aura pas de fin, qu’il n’y aura pas de gagnant, et qu’il y aura toujours un pas de plus à faire, il devient possible à chacun de faire ce pas.

L’immense dessinateur Hokusai, à l’âge de 80 ans alors qu’on lui demandait pourquoi il dessinait encore répondit : « J’ai l’impression de faire des progrès ».

L’équilibre des forces créatrices

L’équilibre des forces créatrices

Force génératrice et force destructrice

Lors d’un travail créatif, deux forces opposées doivent être mises en œuvre. D’un côté, un force génératrice: trouver des idées, tracer un croquis, écrire un premier jet, brainstormer en équipe… À  l’opposé une force destructrice: corriger, encrer puis effacer un dessin fait au crayon, éditer, raffiner…


Les forces génératrice et destructrice concourent toutent deux à la création

Ces forces ne peuvent pas advenir simultanément, sinon elles s’annulent entre elles.

Si lorsque je donne les premiers coups de pinceau de ma peinture, ou que j’écris les premières lignes de mon texte, je juge de la qualité du travail, que je doute, que j’efface pour reprendre à zéro, je reste sur place.

Si au contraire, une fois mon premier jet établit, je continue à introduire des nouvelles idées, ajouter un nouveau personnage dans mon histoire, un nouveau développement à mon raisonnement, etc., jamais je n’arriverai au bout.

Ce modèle semble s’appliquer à la plupart des actes créatifs. Si je veux faire le design d’un nouveau produit, ou lui trouver un nom, je vais commencer par produire le plus d’idées possibles. Evidemment la plupart seront mauvaises, certaines seront très mauvaises, très peu seront digne d’être conservées. Mais si je cherche à trouver la solution parfaite dès le début, alors je bloque mon flux créateur. En fait, le simple fait de me poser la question de la qualité de mes créations risque de me bloquer complètement.

Plus tard, je pourrais reprendre ces idées, les étudier, les regarder d’un autre angle, les trier, les remélanger, les raffiner. Cette étape de destruction fait aussi partie du processus créatif, mais elle doit être séparée du processus de génération.

Prendre conscience et apprivoiser les forces créatrices

Il est utile de bien identifier les temps de génération et les temps de destruction. Par exemple, j’écris cette phrase sans me poser la question de savoir si je la garderai ou non, si elle a sa place dans ce paragraphe, ou même si ce que je raconte dans cet article a un quelconque intérêt pour qui que ce soit. J’évite même de corriger des fautes d’orthographe ou de frappe évidente. Je ne veux pas perdre mon flux générateur.

Plus tard, dans un temps différent et avec un état d’esprit différent, je reviendrai et je corrigerai, je couperai, je classerai. Ce temps peux venir juste après mais mon état d’esprit sera changé. J’aurai mis ma « casquette d’éditeur ».

Utiliser cette approche présente un grand intérêt . Cela permet d’éviter deux pièges qui guette le créateur : la peur de créer et la peur de finir. Pour arriver à une œuvre complète, je dois être traversé par ces deux états : l’état de génération et l’état de destruction, mais successivement. Si je ne sépare pas les deux, je reste sur place.

Entre ces deux moments, mon état d’esprit est différent. Lors de la phase de génération, je dois me laisser traverser par les idées, les laisser fuser à travers moi sans les retenir, je suis à peine conscient de ce que je fais. Complètement à ce que je créé.

Lors de la phase de destruction, je dois revenir en moi pour devenir un observateur du travail posé. Là où j’étais totalement ouvert, je dois maintenant être intransigeant. Je dois également faire l’effort de me mettre dans la peau du destinataire ou du client de l’œuvre, pour comprendre comment il va la percevoir.

Il peut même être intéressant de réellement avoir des lieux, des personnes ou des méthodes différentes pour apprivoiser ces deux forces. Par exemple personnellement, j’aime travailler seul sur la phase génératrice et confronter mes idées à un groupe ou une autre individualité lors de la phase destructrice.

J’ai besoin de calme absolu et de concentration pour créer. Je vais m’isoler lors de cette étape. Au contraire, je peux éditer dans un environnement plus vivant, dans un open space, dans le train, en m’interrompant pour discuter.

Pour d’autre cela peut être différent. Il existe d’ailleurs de nombreuses méthode de création en groupe  qui permettent de générer beaucoup d’idées qui seront par la suite raffinée individuellement ou en petit groupe.

La temporalité peut également être différente. Pour certains, la moindre idée peut très rapidement être analysée et décortiquée dès sa formulation consciente, sans générer de blocages. Pour d’autre il faut mieux laisser reposer le travail un temps plus ou moins long avant l’édition.

Chacun peut trouver sa ou ses méthode.  Stephen King (lien) par exemple, écrit ses manuscrits de roman d’une traite. Puis il les laisse reposer quelque mois dans un tiroir et travaille à autre chose avant de les éditer. Au contraire Paul Auster travaille paragraphe par paragraphe en reprenant chaque phrase jusqu’à ce qu’elle lui convienne avant de passer à la suite pour arriver à la fin à un livre quasiment fini.

Être conscient de ses forces opposées qui sont à l’œuvre lors d’un processus créatif permet surtout de mieux comprendre et d’éviter certains blocage.

Les forces créatives, enjeu majeur de la création en groupe

 Ceci est notamment très important lors de phase de création en groupe. Les individualités peuvent se heurter et le processus se bloquer simplement car les protagonistes ne sont pas dans la même phase et utilisent des forces opposées.

Par exemple, une idée avancée par un individu en phase génératrice pourra être rejetée immédiatement, à tort ou à raison par un autre individu en phase destructrice. Le résultat pourrait être que le premier individu se trouve bloqué et n’osera plus proposer d’idée.

Au contraire, lorsque vient la phase de raffinement, Si certain continuent à proposer de nouvelles pistes continuellement, il sera impossible de conclure et d’avancer. Tout le monde doit être d’accord sur le fait qu’il est temps de converger vers une solution commune, quitte à ce qu’elle soit imparfaite aux yeux de certains.

Lors d’une séance de créativité en groupe, c’est le rôle de l’animateur de bien délimiter et expliciter ces phases.

Dans une entreprise ou au sein d’un groupe important ayant un projet commun, ces phases de génération et de destruction peuvent avoir lieu à différentes échelles de temps et être décalées selon les individus ou sous-groupes participant au projet. De ce fait, il se peut que le développement du projet soit continuellement dans cette phase de génération. Hors celle-ci est divergente.

En l’absence de synchronisation des forces destructrices, le processus de création est divergent et l’atteinte du but aléatoire.

Il est nécessaire d’imposer des convergences. Pour cette raison, en entreprise on impose des points de rencontre sous des formes qui plaisent souvent plus ou moins au collaborateurs. On parle de jalon, de revue, de rendu, de mise en production ou en ligne,… Aussi pénible que soient ces étapes, elles sont nécessaires. Et ce d’autant plus que le projet est long et que le nombre d’acteurs est important.

Mais attention à l’équilibre, si on multiplie trop ces points de rencontre, on risque de ne pas passer assez de temps en phase générative et de rater de belles opportunité d’innovation.

Processus de création cadré par des points de convergence

Il n’existe pas de formule miracle, le tout est une question d’équilibre. Avoir conscience de ces forces de génération et de destruction qui sont à l’œuvre lors d’un processus créatif permet simplement de mieux apprivoiser celui-ci et de comprendre les dynamiques qui peuvent apparaître, notamment au sein d’un groupe.

La visualisation comme outil de créativité

La visualisation comme outil de créativité

Qu’ont en commun Einstein, Schrödinger, Galilée et Newton ? Evidement, ils étaient tous considéré comme des génies visionnaires qui ont permis de mieux comprendre des pans entier de l’édifice qui compose le monde.

Autre point commun, ces grands penseurs et grand créateurs utilisaient le même outil. Cet outil est à la porté de tous et vous l’avez certainement déjà pratiqué. Il s’agit de la visualisation.

 

Les expériences de pensée

 

Les expériences en pensée ne nécessitent aucun matériel. Elles permettent de tordre les lois de la physique et de voyager de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Par exemple Einstein, lors de longues marches dans les Alpes, imaginait chevaucher un rayon de lumière ou être dans un ascenseur dans l’espace pendant que son frère jumeau restait sur Terre. Cela lui a permis de mettre en évidence et théoriser les phénomènes liés relativité générale.

Bien avant Einstein, Galilée imaginait une bouteille se vidant goutte à goutte dans la cabine d’un bateau. En observant la chute des gouttes, impossible de savoir si le bateau avance ou non. Pas besoin de faire réellement l’expérience, chacun peut le vivre en pensée. De cette manière, Galilée a non seulement ouvert la voie à Einstein en théorisant la relativité qu’on appelle galiléenne mais il a également permis à tous le monde de l’ancrer dans sa compréhension du monde. Cela met en lumière un autre avantages des expériences de pensées: tout le monde peut les refaire et se les approprier.

La visualisation est donc tout aussi utile pour l’exploration que pour la diffusion des idées. La plupart des gens connaissent l’expérience du chat de Schrödinger mi-mort mi-vivant enfermé dans sa boite attendant l’ouverture pour réaliser sa destinée. Même si on n’en comprend pas les implications, elle a popularisé et rendu concrets des principes très précis de la mécanique quantique.

Newton utilisait également beaucoup les expériences de pensées. Pour révéler des idées comme pour les diffuser. Sa plus célèbre expérience de pensée consiste à imaginer un canon situé au sommet d’une très haute montagne tirant des boulets à des vitesses fantastiques (pour l’époque). Imaginer cette expérience lui a permis dans un premier temps de mieux comprendre la physique de la gravité et du mouvement des corps célestes. Dans un deuxième temps, cette expérience a pu être partagée, discutée et revécue par de nombreuses personnes. Cette expérience de pensée a été tellement marquante pour l’humanité, que 250 ans après la mort de sir Isaac Newton, la page de son carnet décrivant cette expérience (photographie ci-dessous) a été reproduite sur le Voyager Golden Record, embarqué sur les sondes Voyager à destination des confins de l’univers.

 

Visualisation et illusion

 

On a parlé de physique et de physiciens car ces derniers ont compris l’intérêt des visualisations. Notre esprit est un terrain de jeux fantastique ou toutes les choses qui existent peuvent rencontrer tout se qui n’existe pas. On peut penser néanmoins que l’univers extérieur et l’univers intérieur ne sont pas forcément régis par les mêmes lois, et qu’il ne soit pas possible de transposer de l’un à l’autre à moins d’avoir une connaissance intime des phénomènes physiques comme les illustres exemples précédents.

Il n’en est rien, il a été montré par de nombreuses expériences sur des nourrissons que nous avons une compréhension innée de la manière dont les choses interagissent. Même les bébés qui n’ont jamais vécu de cours de physique comprennent comment les objets devraient se comporter. On a démontré ceci en faisant observer diverses scènes à de très jeunes enfants (de moins de 1 an). Si la scène est physiquement aberrante, par exemple une balle qui tombe vers le haut au lieu de tomber vers le bas ou une petite voiture qui traverse un mur, l’enfant va regarder plus longtemps. En montrant que chez de très jeunes enfant, le sens inné de la physique peut être troublé, les chercheurs ont prouvé son existence.

La visualisation créatrice

 

Nicolas Tesla est un des inventeurs les plus prolifique qui ait foulé cette terre. Environ 300 brevets ont été déposés en son nom propre. Ses travaux ont contribué au développement du courant alternatif, de la transmission d’énergie sans fil, de la radio, de l’imagerie aux rayons X, du contrôle à distance,… Au tournant du siècle dernier, alors que le monde était en train de réaliser une transition entre les machines à vapeurs et les machines électriques (en grande partie grâce à lui), il imaginait déjà le smartphone

 

« N’importe qui, sur terre ou en mer, avec un appareil simple et bon marché tenant dans la poche, pourra recevoir des nouvelles du monde entier ou des messages uniquement destinés à l’utilisateur »

– Nicola Tesla

 

Tesla était un avide pratiquant de la visualisation. Il passait de longues heures dans un état qu’on qualifierait de « perdu dans ses pensée ». C’est lors de ces visualisations qu’il raffinait la plupart de ses idées et qu’il imaginait et mettait au point ses inventions.

Vous pouvez pratiquer la visualisation pour créer n’importe quoi. Que cela soit extérieur ou lié à votre être. Une grande partie  des visualisations guidées que vous trouverez en ligne vous promettront la réussite ou la richesse. Même si ce n’est qu’une petite partie de ce qu’il est possible de réaliser par cet outil, cela a évidemment un effet réel. En effet par ces visualisations, vous créez votre futur « vous ». En lui attribuant des vertus ou des biens que vous ne possédez pas encore, vous créez le chemin qui vous mènera vers ce futur « vous », vous ouvrez les potentiels dans votre esprit, les rendant possibles. De la même manière que le designer imaginera un produit nouveau et devra le concevoir en détail avant de déterminer de quelle manière il pourra être fabriqué physiquement.

Comment pratiquer la visualisation ?

 

La visualisation est utilisée dans beaucoup de domaines. Elle est pratiqué pour le soin (anxiété, phobie,…) pour la préparation à un évènement (tentative de record, course, prise de parole en public), pour l’apprentissage,…  Ici nous nous sommes intéressés principalement à la visualisation créatrice. Mais la méthode décrite ci-dessous est valable pour tout type de visualisation. C’est un outil très puissant qu’il est intéressant de développer et qui peut vous aider dans de nombreux domaines.

La visualisation peut être guidée ou libre. Elle peut demander d’entrer dans un état de concentration relâchée (proche de l’état de flow – lien)  et une ouverture qui peut mener vers des chemins inattendus. Il n’existe pas de bonne manière de visualiser. Chacun est évidemment libre de développer et de préciser sa méthode, et bien sûr d’en pratiquer plusieurs. Dans la dernière partie, je vous propose quelque exercices qui permettent de développer ses capacités à visualiser. Je vous propose ici une méthode générique qui pourra vous guider lors de vos premières visualisations ou pour réaliser les exercices en question.

1.Posez une intention pour votre séance

Vous pouvez vouloir faire une visualisation pour obtenir une réponse à un problème particulier mais cela n’est pas une obligation, vous pouvez également simplement souhaiter vous détendre en vous imaginant sur une plage des Bahamas, vous concentrer avant un travail difficile ou simplement laisser vagabonder votre esprit et voir où cela vous mènera.

2.Installez vous confortablement

Allongez vous sur le dos bien à plat, asseyez vous confortablement dans un fauteuil ou sur une chaise le dos droit et les pieds bien à plats sur le sol. Choisissez votre position selon votre intention et votre niveau d’énergie. Si vous êtes très énergique, vous pourriez avoir du mal à trouver une position assise confortable. A l’inverse, si vous êtes fatigué, évitez la position horizontale, vous pourriez sombrer dans le sommeil.

3.Détendez vous

Si cela n’est pas familier pour vous, il est plus simple les premières fois d’utiliser des outils de méditation guidée pour atteindre un état de détente profonde. Vous pouvez réaliser un scan corporel en visualisant la détente de chacun de vos muscles des pieds à la tête (ou de la tête au pied). Vous pouvez également utiliser des méthodes de respiration comme la respiration carré ou la respiration abdominale. Si vous voulez commencer rapidement, vous pouvez simplement compter 10 respirations abdominales profondes en gonflant votre ventre au maximum puis en soufflant lentement.  Plus vous pratiquerez ces méthodes plus elle seront efficaces et vous mettrons rapidement dans un état de détente profonde.

4.Visualisez

C’est le cœur du processus mais si vous avez réalisé toutes les étapes précédente cela va venir naturellement. Même si on parle de visualisation, l’expérience sera plus riche si vous utilisez tout vos sens. Essayer de porter votre attention sur des éléments particuliers: les couleurs, les textures,… Touchez les matière, écoutez les sons, soyez attentif aux parfums ou invoquez les. Interagissez avec votre environnement. Mais surtout profitez de ce moment et de votre toute puissance dans ce monde que vous vous êtes créé.

5.Sortez de la visualisation

Si votre temps est limité, mettez un réveil avec une sonnerie douce. Ne vous précipitez pas à la fin de votre visualisation. Reprenez doucement contact avec votre environnement physique. Prenez conscience des points de contact de votre corps. Ecoutez les sons qui vous entourent. Imaginez l’endroit ou vous vous trouvez. Ouvrez lentement les yeux. Vous pouvez même les refermer à plusieurs reprises. Etirer vous, baillez. Prenez votre temps avant de vous relever.

Cette étape n’est pas à négliger ni à précipiter. Le but est de tirer le plus de bonnes choses possible de cette expérience. Cela peut être des idées nouvelles ou la réponse à un problème, mais aussi un état de calme ou de concentration qui vous aidera à avancer dans votre journée et dans votre vie.

Des exercices pour développer ses capacités de visualisation

 

Il existe une infinité d’exercices qui peuvent vous aider à développer vos capacité de visualisation. De nombreux livres podcasts ou vidéo sur internet vous expliqueront des méthodes ou vous donnerons des idées de visualisation a pratiquer. Je vous propose ici 3 exercices qui vous permettront de développer vos capacités de visualisation.

Comme expliqué plus haut, la visualisation peut faire appel à des techniques de conscience active ou passive. Les exercices qui suivent vont du passif vers l’actif.

Exercice numéro 1 : la chambre à coucher

Dans cette exercice, il s’agit de visualiser une pièce que vous connaissez bien. Typiquement votre chambre à coucher. Ne faites pas que « voir » cette pièce. Entrez-y, toucher les matières, asseyez vous (ou allongez vous pourquoi pas). Prenez conscience des couleurs. De la qualité de la lumière. Des sons éventuels.

Une fois que vous êtes à l’aise et que vous avez bien exploré, si quelque chose ne vous plait pas, ou si vous souhaitez ajouter un élément, comme un tableau de maitre au dessus du lit, un jacuzzi ou une vue sur le Mont Blanc, ne vous gênez pas.

En plus de vos capacité de visualisation de base, cet exercice permet de développer des techniques liés à la mémorisation comme la palais mental (voir Pour aller plus loin ci-dessous).

Exercice numéro 2 : La Dolce Vita

Ici il s’agit simplement de revivre une expérience vécue physiquement agréable. Par exemple un bon repas, un massage prodigué par des mains aimantes, une balade en forêt,… Concentrez vous sur les sensation dans tout votre corps et sur les émotions que cela vous procure. Si lors de l’expérience vécue quelque chose ne vous a pas plus ou aurait put être mieux, changez le.

Cet exercice devrait vous procurez un bien être et un sentiment de repos et de calme profond.

Exercice numéro 3 : Mon coin de Paradis

Rendez vous dans un paysage naturel idyllique de votre choix. Cela peut être une prairie, un lac de montagne, une plage,… Observez votre environnement, modelez le à votre envie. Habitez le réellement, vous pouvez vous roulez dans l’herbe ou vous baigner dans ce torrent qui serpente. Vivez chaque sensation.

Lorsque cela vous plait, peut être après avoir visité ce lieu à plusieurs reprise, vous pouvez vous y construire un abris ou une maison de votre choix et l’aménager avec des choses qui vous font du bien.

Une fois cet havre de paix et de sérénité créé et encré en vous, vous pourrez vous y rendre rapidement et a tout moment pour vous ressourcer et vous recentrer. Vous pourrez l’utiliser également comme « camps de base » pour des visualisations qui vous mèneront plus loin.

Pour aller plus loin

 

Si vous ne savez pas comment vous lancer, les liens ci-dessous peuvent vous aider. Comme dit plus haut, la plupart des ressources sont orientées vers le développement personnel. Mais une fois les techniques de bases intégrées, vous pourrez les adapter à de nombreux domaines dont la création.

Le mentaliste Fabien Olicard partage de manière très didactique des techniques de visualisation qui permettent de tout retenir. Ici le palais mental. Je vous recommande également sa conférence TEDx où il explique plusieures techniques liées ou non à la visualisation. Ses livres également sont très intéressants si vous vous intéressez aux capacités mentales. Il y présente des techniques de visualisation liées à la mémoire et à la concentration.

La chaine Youtube Ginkgo propose de nombreuse méditations et visualisations guidées agréables et bien réalisées.

Le livre Technique de Visualisation Créatrice de Shakti Gawain propose des techniques simples et beaucoup d’exercices de visualisation orientées vers le développement personel.

 

Bonne visualisation !

 

Image d’en-tête Jeanne Menjoulet, CC

Le flow, ce superpouvoir qui est en vous

Le flow, ce superpouvoir qui est en vous

Vous êtes vous déjà senti complètement absorbé par une activité ? Peut être eu une sensation de fluidité extrême. D’être à la fois totalement engagé et concentré sur votre activité mais également complètement détendu. Sans doute avez vous perdu la notion du temps. Si c’est le cas, vous avez sûrement connu ce que les psychologues appelle l’état de flow.

Je vous présente Mihaly Csikszentmihalyi. Ce psychologue américain, au patronyme hongrois imprononçable, a passé toute sa vie à étudier la créativité, le bonheur et la motivation.

Quand il n’est pas trop occupé à distribuer des cadeaux aux enfants sages

C’est à lui que l’on doit la notion de flow. Csikszentmihalyi décrit le flow comme un état d’engagement complet lors duquel la concentration est maximale.

VOTRE CERVEAU EN ÉTAT DE FLOW

Le flow est un état très satisfaisant. Cette satisfaction ne vient pas d’une envie ou d’un besoin qui serait comblé mais du simple fait d’accomplir la tâche de manière fluide et d’y prendre du plaisir. La satisfaction est ici intrinsèque. On parle d’activité autotélique, c’est à dire dont le seul but est sa réalisation en elle-même.

La recherche de cette satisfaction explique l’intérêt d’occupations qui peuvent sembler répétitive. C’est notamment cet état qui est recherché lors de la réalisation de mandalas dans l’univers bouddhiste ou qui explique le succès des coloriages pour adultes.

Les jeux vidéos sont également aptes à mettre le joueur en état de flow. C’est ce qui leur donne un caractère addictif.

Même combat

Ce qui est intéressant c’est que l’état de flow peut être atteint lors d’activités très diverses. Entrer en état de flow permet de prendre du plaisir a n’importe quelle activité et d’être très efficace. Vous pouvez écrire, dessiner, faire votre comptabilité ou votre ménage, préparer une présentation powerpoint  ou diriger une réunion, si vous arrivez à être en état de flow, vous en tirerez une grande satisfaction et serez plus efficace que jamais.

Nous verrons à la fin de l’article comment rentrer plus facilement dans cet état de flow et le maintenir. 

TU T’ES VU QUAND T’AS LE FLOW

Je voudrais vous présenter deux personnes qui savent particulièrement bien maîtriser cet état de flow.

Cet homme est le Dr. John Kitchin mais les gens l’appellent plus volontier Slomo.

John Kitchin flow

Ouiiiiiiiii ! Regardez moi ce sourire !

Le docteur Kitchin était un neurologue réputé, jusqu’à ce qu’il décide de s’écouter et qu’il plaque tout pour faire du roller au ralenti à Venice Beach. Il est devenu une célébrité locale et, même si les gens le prennent pour un fou, il semble avoir réellement trouvé une forme de paix intérieur et de joie de vivre.

Dans ce sujet qui lui est consacré, il déroule son parcours et raconte comment il en est arrivé là. Il explique également comment il peut passer des heures sur ses rollers et les sensations qu’il en retire. C’est une très bonne occasion de voir un individu complètement absorbé par son activité.

Le sport et le flow

Le sport est une activité qui a tendance à faire rentrer le pratiquant en état de flow. On dit souvent qu’on se « vide la tête » en pratiquant. Une part importante du succès de la course à pied vient très certainement du fait qu’elle permet d’atteindre facilement cet état.

Les sportifs professionnels eux recherchent l’état de flow non pas pour les sensations que cela procure mais pour améliorer leur performance.

La vidéo ci-dessous date d’Avril 2016, et représente un petit morceau de l’histoire du basket. Il s’agit du dernier match de la carrière du légendaire Kobe Bryant. C’est un événement qui dépasse largement la sphère du basket. Le Stapple Center ou jouent les Lakers est plein à craquer. De nombreuses stars sont venues assister à la rencontre. Dans la vidéo on peut apercevoir Jack Nicholson, Snoop Dogg, Kanye West (souriant !) ou Jay-Z. La star se doit de finir en beauté.

Mais à 3 minutes et 20 secondes de la fin du match, les Lakers de Bryant sont menés de 10 points (84-94),. La pression est immense. Mais avec une carrière professionnelle longue de 20 ans au plus haut niveau, Kobe n’est pas un lapereau de la veille. Il va assumer pleinement son rôle de meneur de jeu et marquer 6 paniers dont un trois points et 4 lancer franc pour permettre à son équipe de s’imposer 96-101.

La performance est exceptionnelle. Et si vous regardez la vidéo, vous pouvez remarquer une chose. Kobe est dans un état de concentration totale. Son visage est impassible, ses gestes mesurés, ses déplacements millimétrés. Il ne fait aucun mouvement superflu, il réussit tout ce qu’il entreprend en dégageant une impression de facilité déconcertante.

C’est un exemple parfait d’un sportif en état de flow. Si vous observez bien les grands champions, vous reconnaîtrez souvent cet état qui transparaît comme une concentration calme et résolue. Dans les interviews, Kobe décrit cela comme des moments de confiance en lui absolue.

Kobe Bryant flow

 

On l’a vu, le flow est un état plaisant, mais l’exemple de Kobe Bryant montre comment, quand on y ajoute la maîtrise qui vient des milliers d’heures de pratique, il permet de tirer le meilleurs de nous même.

COMMENT CA MARCHE ?

On est bien d’accord, le flow permet d’être défoncé et hyper efficace façon Bradley Cooper dans Limitless et on devrait tous en manger au petit déjeuner afin d’être plus heureux, plus efficace, plus beau et plus drôle. Mais comment faire pour atteindre cet état ? Faut il se lancer dans un marathon 3 fois par semaines ou troquer son iMac pour une trousse de crayons de couleurs ? Tournons nous à nouveau vers Mihaly Sczickzen- Csiskszetmi- Csiktszenmi- enfin vers ce bon vieux Mihaly !

Mihaly en a marre qu’on écorche son nom

Après de nombreux tests et interviews, il comprend que pour rentrer en état de flow il est nécessaire de supprimer les frictions qui ralentissent le fonctionnement de l’esprit. Il faut limiter les interrogations qui ralentissent l’exécution, que l’esprit se sente à l’aise mais pas non plus endormi et avoir la possibilité de rester concentré sur l’activité en cours. Il détermine que 7 conditions doivent être réunies pour entrer en état de flow :

  1. Savoir ce que l’on a à faire
  2. Savoir comment le faire
  3. Savoir si on le fait bien
  4. Savoir dans quelle direction on va
  5. Une difficulté ressentie élevée
  6. Un savoir faire ressenti important
  7. Ne pas être distrait

Reprenons ces éléments

1&2 . Savoir ce que l’on a à faire et comment le faire.

Il ne faut pas avoir à réfléchir à sa prochaine action ni être en train de se demander si la méthode que l’on emploi est bien la plus efficace. Le but est d’entrer le plus rapidement et le plus fluidement possible dans l’action.

3&4. Savoir si on fait bien et dans quelle direction on va

L’enjeu est d’éviter de se poser trop de questions. Si vous êtes en train de faire un coloriage, vous voyez immédiatement si le résultat est correct. Vous voyez également votre page se remplir au fur et à mesure. Ce retour visuel est d’une grande aide pour rester en état de flow. Sans cela, il est très facile de perdre sa concentration. Si vous coloriez à l’encre transparente et devez vérifier constamment où vous êtes déjà passé ou si vous ne connaissez pas l’ampleur du travail restant, votre esprit risque de vagabonder et vous serez moins à l’aise.

5&6. Une difficulté ressentie élevée et un savoir faire ressenti important

Votre esprit doit être stimulé suffisamment pour être pleinement occupé mais ne doit pas se trouver en difficulté. Les différents états qui peuvent être ressentis en fonction des de la difficulté et du savoir faire sont représenté dans la figure suivante :

7. Ne pas être distrait

C’est l’élément le plus simple à comprendre mais parfois le plus compliqué à implémenter. On considère qu’une plage de concentration d’au moins 20 minutes sans interruption est nécessaire pour entrer totalement en état de flow.

OK MAIS COMMENT JE FAIS ?

En plus de garder en tête les éléments ci-dessus, je vous propose un plan d’action en 6 étapes pour entrer en état de flow :

1 – Planifier une tâche

Il s’agit de choisir une tâche, qui soit adapté à votre savoir faire et de vous fixer un objectif clair et dont le résultat est mesurable. Par exemple, écrire 300 mots, pas écrire jusqu’à ce que j’en ai marre.

Préparez et vérifiez également votre lieu de travail. Vous devez avoir tout les outils et matériaux nécessaires à porté de main et en bon état.

Le but de cette étape est de faire en sorte que vous n’ayez plus à réfléchir à ce que vous avez à faire ni comment vous allez le faire et que tout se passe de manière fluide sans que vous ayez le besoin de vous interrompre.

2 – Eliminer les distractions

Éteignez votre portable, posez le hors de votre vue, désactiver le wifi, faites savoir que vous ne voulez pas être dérangé. C’est une étape cruciale et très difficile à respecter.

concentration flow

pourquoi pas ?

3 – S’y mettre

Il n’y a pas de secret, vous savez ce que vous avez à faire. Vous avez la connaissance et les bons outils. Il faut s’y mettre.

4 – Continuer

Ça n’est pas le moment de faire une pause BN. Pour entrer en état de flow, on l’a vu un certain temps est nécessaire. Cela peut être inconfortable mais il faut s’y tenir. C’est un petit secret qui était déjà connu de Tchaïkovski.

5 – Finir la tache

Il est important d’aller jusqu’au bout. A chaque fois que vous terminez une tâche, surtout une tâche compliquée, vous ressentez de la fierté. En fait votre cerveau reçoit une décharge de dopamine. Vous apprenez alors à associer le travail à un plaisir. A force de répétition, vous renforcez de plus en plus ce schéma, et prenez de plus en plus de plaisir à la tâche associée. Un peu comme si vous gagniez des niveaux dans un jeu vidéo.

Au contraire une tâche non terminée ou bâclée vous laissera un mauvais souvenir, il sera d’autant plus difficile de vous y remettre. C’est pourquoi il est important de se fixer des objectifs (mêmes simples) et de s’y tenir au maximum.

LE PETIT PLUS

Au delà de cette méthode, un certain nombre d’élément supplémentaires peuvent être engagés pour améliorer votre capacité à entrer dans le flow et à vous y maintenir.

  • Détendez vous

Respirer, étirez vous. Pour que votre esprit soit à l’aise votre corps doit l’être aussi. Pratiquer la méditation peut vous aider à atteindre plus rapidement un état de concentration élevée tout en restant détendu.

  • Choisissez le bon moment

Certain sont du matin d’autre du soir. Ecoutez vous et essayez de planifier vos séances de travail intensif en fonction de votre rythme. Je sais par exemple que je suis très peu efficace l’après midi. Je garde les travaux complexes pour le matin ou le soir.

  • Écoutez de la musique

La musique à 3 effets positifs. Premièrement elle vous coupe du monde extérieur et permet de limiter un peu plus les distractions potentielles. Deuxièmement elle occupe votre cerveau en tâche de fond. Troisièmement, elle vous entraîne à poursuivre votre travail.

Pour que cela soit efficace, il faut par contre qu’elle ne soit pas trop prenante. Je préfère des musiques instrumentales à des chansons dans des langues que je comprend par exemple, surtout si j’écris. Il existe des musique ou des sons créés spécialement pour faciliter la concentration. Vous pouvez essayer des bruits blancs ou des musiques telles que celles-ci. Personnellement j’aime les musiques de jeux vidéo. Elle sont composées de manière à être discrètes mais suffisamment entraînantes sans avoir l’air trop répétitive. Le seul inconvénient c’est qu’on vous prend un peu pour un fou lorsqu’on se rend compte que vous utilisez votre casque Bose dernier cris pour écouter de la musique 8 bits.

  • Créez un environnement idéal

Toujours le même but, éliminer les frictions. Sachez où sont vos outils (numérique ou non), maintenez les en bon état. Rien de pire pour gâcher une séance de travail que de devoir s’interrompre pour chercher son crayon pendant ¼ d’heure ou de s’arracher les cheveux à utiliser un logiciel obsolète sur un ordinateur qui rame.

  • Pratiquez la positivité pour devenir autotelic

Ok, devoir faire la vaisselle ou tondre la pelouse ne sont peut être pas vos activités préférées. Mais si vous les abordez avec un état d’esprit positif, elles peuvent devenir également des activité autotéliques. Pratiquer la positivité au quotidien vous permet de prendre du plaisir dans la réalisation des tâches les plus fastidieuses ou difficiles. Vu qu’il faut le faire, autant être efficace et  prendre du plaisir. 

 

 

 

N’hésitez pas à partager vos propres astuces et expériences.