Tout art est imparfait

Tout art est imparfait

C’est ce qui vaut la peine de le pratiquer

Dans l’interview donnée à France Culture pour l’émission Masterclasse, Paul Auster revient sur un évènement marquant de sa carrière d’écrivain.

Après que plusieurs de ses premiers manuscrits ait été rejetés par des éditeurs, il se considère comme incapable d’écrire un roman de fiction. Il fait alors le choix de se consacrer à la poésie.

Après quelques années, alors qu’il est dans la tourmente personnellement et professionnellement (il manque d’argent et son couple va mal), un ami l’invite à assister à la répétition générale d’un ballet. Paul Auster décide de s’y rendre. Cette décision changera sa vie.

La représentation à lieu dans une sorte de gymnase. Les danseurs se meuvent sans musique. Paul Auster est frappé par la beauté des corps en mouvement. Par leur déplacement dans la pièce. Leurs rapprochements et leur éloignement. Le moment est magique, il est transporté.

Puis, au bout d’une dizaine de minutes, la chorégraphe stoppe la représentation. Elle prend la parole pour expliquer ce qu’elle a voulu exprimer, comment elle a construit son ballet. Le charme est rompu. Ses mots tombent à plat, le discours sonne faux. L’émotion a disparu. 

Mais le ballet reprend, et à nouveau Paul Auster est transcendé par la grâce. Jusqu’à ce que la chorégraphe reprenne la parole…

Ces moments d’extase et de redescente s’enchainent pendant toute la soirée. En rentrant chez lui, Paul Auster a compris une chose : les mots ne permettent pas de rendre compte des émotions et de la beauté du monde.

Cette pensée le libèrera. Il se remettra rapidement à écrire de la fiction et ses romans, non seulement seront édité mais connaitrons un énorme succès public et critique.

Réaliser que son art est et restera toujours imparfait enlève beaucoup de pression des épaules de l’artiste. Cela vaut la peine de tenter de se rapprocher de cet idéal. D’essayer d’en capter une petite partie. Mais si cela était faisable, à quoi bon continuer. Y aurait-il beaucoup de peintre si la peinture idéale était accrochée au Louvres ? Y aurait-il beaucoup de poète si le poème idéal était publié aux éditions de la pléiade ? Surement pas.

Le principe même de l’idée (au sens de Platon) c’est qu’elle n’est pas terrestre. Nous n’en voyons que ses ombres. L’artiste, à travers son œuvre, cherche à atteindre et à rapprocher l’idée de nous. Savoir que cette entreprise est vaine, que jamais on ne pourra, retire une grande partie du fardeau et permet de continuer cette recherche.

L’art touche à l’infini car que l’artiste tend vers un but inatteignable. Sachant qu’il n’y aura pas de fin, qu’il n’y aura pas de gagnant, et qu’il y aura toujours un pas de plus à faire, il devient possible à chacun de faire ce pas.

L’immense dessinateur Hokusai, à l’âge de 80 ans alors qu’on lui demandait pourquoi il dessinait encore répondit : « J’ai l’impression de faire des progrès ».

L’équilibre des forces créatrices

L’équilibre des forces créatrices

Force génératrice et force destructrice

Lors d’un travail créatif, deux forces opposés doivent être mises en œuvre. D’un côté, un force génératrice: trouver des idées, tracer un croquis, écrire un premier jet, brainstormer en équipe… À  l’opposé une force destructrice: corriger, encrer puis effacer un dessin fait au crayon, éditer, raffiner…


Les forces génératrice et destructrice concourent toutent deux à la création

Ces forces ne peuvent pas advenir simultanément, sinon elles s’annulent entre elles.

Si lorsque je donne les premiers coup de pinceau de ma peinture, ou que j’écris les premières lignes de mon texte, je juge de la qualité du travail, que je doute, que j’efface pour reprendre à zéro, je reste sur place.

Si au contraire, une fois mon premier jet établis, je continu à introduire des nouvelles idées, ajouter un nouveau personnage dans mon histoire, un nouveau développement à mon raisonnement, etc., jamais je n’arriverai au bout.

Ce modèle semble d’appliquer à la plupart des actes créatifs. Si je veux faire le design d’un nouveau produits, ou lui trouver un nom, je vais commencer par produire le plus d’idées possibles. Evidemment la plupart seront mauvaises, certaines seront très mauvaises, très peu seront digne d’être conservées. Mais si je cherche à trouver la solution parfaite dès le début, alors je bloque mon flux créateur. En fait, le simple fait de me poser la question de la qualité de mes créations risque de me bloquer complètement.

Plus tard, je pourrais reprendre ces idées, les étudier, les regarder d’un autre angle, les trier, les remélanger, les raffiner. Cette étape de destruction fait aussi partie du processus créatif, mais elle doit être séparé du processus de génération.

Prendre conscience et apprivoiser les forces créatrices

Il est utile de bien identifier les temps de génération et les temps de destruction. Par exemple, j’écris cette phrase sans me poser la question de savoir si je la garderai ou non, si elle a sa place dans ce paragraphe, ou même si ce que je raconte dans cet article a un quelconque intérêt pour qui que ce soit. J’évite même de corriger des fautes d’orthographe ou de frappe évidente. Je ne veux pas perdre mon flux générateur.

Plus tard, dans un temps différent et avec un état d’esprit différent, je reviendrai et je corrigerai, je couperai, je classerai. Ce temps peux venir juste après mais mon état d’esprit sera changé. J’aurai mis ma « casquette d’éditeur ».

Utiliser cette approche présente un grand intérêt . Cela permet d’éviter deux pièges qui guette le créateur : la peur de créer et la peur de finir. Pour arriver à une œuvre complète, je dois être traversé par ces deux état : l’état de génération et l’état de destruction, mais successivement. Si je ne sépare pas les deux, je reste sur place.

Entre ces deux moment, mon état d’esprit est différent. Lors de la phase de génération, je dois me laisser traverser par les idées, les laisser fuser à travers moi sans les retenir, je suis à peine conscient de ce que je fais. Complètement à ce que je créé.

Lors de la phase de destruction, je dois revenir en moi pour devenir un observateur du travail posé. Là où j’étais totalement ouvert, je dois maintenant être intransigeant. Je dois également faire l’effort de me mettre dans la peau du destinataire ou du client de l’œuvre, pour comprendre comment il va la percevoir.

Il peut même être intéressant de réellement avoir des lieux, des personnes ou des méthodes différentes pour apprivoiser ces deux forces. Par exemple personnellement, j’aime travailler seul sur la phase génératrice et confronter mes idées à un groupe ou une autre individualité lors de la phase destructrice.

J’ai besoin de calme absolu et de concentration pour créer. Je vais m’isoler lors de cette étape. Au contraire, je peux éditer dans un environnement plus vivant, dans un open space, dans le train, en m’interrompant pour discuter.

Pour d’autre cela peut être différent. Il existe d’ailleurs de nombreuses méthode de création en groupe  qui permettent de générer beaucoup d’idées qui seront par la suite raffinée individuellement ou en petit groupe.

La temporalité peut également être différente. Pour certain la moindre idée peut très rapidement être analysée et décortiquée dès sa formulation consciente, sans générer de blocages. Pour d’autre il faut mieux laisser reposer le travail un temps plus ou moins long avant l’édition.

Chacun peut trouver sa ou ses méthode.  Stephen King (lien) par exemple écrit ses manuscrit de roman d’une traite. Puis il les laisse reposer quelque mois dans un tiroir et travaille à autre chose avant de les éditer. Au contraire Paul Auster travaille paragraphe par paragraphe en reprenant chaque phrase jusqu’à ce qu’elle lui convienne avant de passer à la suite pour arriver à la fin à un livre quasiment fini.

Être conscient de ses forces opposées qui sont à l’œuvre lors d’un processus créatif permet surtout de mieux comprendre et d’éviter certains blocage.

Les forces créatives enjeu majeur de la création en groupe

 Ceci est notamment très important lors de phase de création en groupe. Les individualités peuvent se heurter et le processus se bloquer simplement car les protagonistes ne sont pas dans la même phase et utilisent des forces opposées.

Par exemple, une idée avancée par un individu en phase génératrice pourra être rejetée immédiatement, à tort ou à raison par un autre individu en phase destructrice. Le résultat pourrait être que le premier individu se trouve bloqué et n’osera plus proposer d’idée.

Au contraire, lorsque vient la phase de raffinement, Si certain continuent à proposer de nouvelles pistes continuellement, il sera impossible de conclure et d’avancer. Tout le monde doit être d’accord sur le fait qu’il est temps de converger vers une solution commune, quitte à ce qu’elle soit imparfaite aux yeux de certain.

Lors d’une séance de créativité en groupe, c’est le rôle de l’animateur de bien délimiter et expliciter ces phases.

Dans une entreprise ou au sein d’un groupe important ayant un projet commun, ces phases de génération et de destruction peuvent avoir lieu à différentes échelles de temps et être décalées selon les individus ou sous-groupes participant au projet. De ce fait, il se peut que le développement du projet soit continuellement dans cette phase de génération. Hors celle-ci est divergente.

En l’absence de synchronisation des forces destructrices, le processus de création est divergent et l’atteinte du but aléatoire.

Il est nécessaire d’imposer des convergences. Pour cette raison, en entreprise on impose des points de rencontre sous des formes qui plaisent souvent plus ou moins au collaborateurs. On parle de jalon, de revue, de rendu, de mise en production ou en ligne,… Aussi pénible que soit ces étapes, elles sont nécessaire. Et ce d’autant plus que le projet est long et que le nombre d’acteurs est important.

Mais attention à l’équilibre, si on multiplie trop ces points de rencontre, on risque de ne pas passer assez de temps en phase générative et de rater de belles opportunité d’innovation.

Processus de création cadré par des points de convergence

Il n’existe pas de formule miracle, le tout est une question d’équilibre. Avoir conscience de ces forces de génération et de destruction qui sont à l’œuvre lors d’un processus créatif permet simplement de mieux apprivoiser celui-ci et de comprendre les dynamiques qui peuvent apparaître notamment au sein d’un groupe.

La visualisation comme outil de créativité

La visualisation comme outil de créativité

Qu’ont en commun Einstein, Schrödinger, Galilée et Newton ? Evidement, ils étaient tous considéré comme des génies visionnaires qui ont permis de mieux comprendre des pans entier de l’édifice qui compose le monde.

Autre point commun, ces grands penseurs et grand créateurs utilisaient le même outil. Cet outil est à la porté de tous et vous l’avez certainement déjà pratiqué. Il s’agit de la visualisation.

 

Les expériences de pensée

 

Les expériences en pensée ne nécessitent aucun matériel. Elles permettent de tordre les lois de la physique et de voyager de l’infiniment grand à l’infiniment petit. Par exemple Einstein, lors de longues marches dans les Alpes, imaginait chevaucher un rayon de lumière ou être dans un ascenseur dans l’espace pendant que son frère jumeau restait sur Terre. Cela lui a permis de mettre en évidence et théoriser les phénomènes liés relativité générale.

Bien avant Einstein, Galilée imaginait une bouteille se vidant goutte à goutte dans la cabine d’un bateau. En observant la chute des gouttes, impossible de savoir si le bateau avance ou non. Pas besoin de faire réellement l’expérience, chacun peut le vivre en pensée. De cette manière, Galilée a non seulement ouvert la voie à Einstein en théorisant la relativité qu’on appelle galiléenne mais il a également permis à tous le monde de l’ancrer dans sa compréhension du monde. Cela met en lumière un autre avantages des expériences de pensées: tout le monde peut les refaire et se les approprier.

La visualisation est donc tout aussi utile pour l’exploration que pour la diffusion des idées. La plupart des gens connaissent l’expérience du chat de Schrödinger mi-mort mi-vivant enfermé dans sa boite attendant l’ouverture pour réaliser sa destinée. Même si on n’en comprend pas les implications, elle a popularisé et rendu concrets des principes très précis de la mécanique quantique.

Newton utilisait également beaucoup les expériences de pensées. Pour révéler des idées comme pour les diffuser. Sa plus célèbre expérience de pensée consiste à imaginer un canon situé au sommet d’une très haute montagne tirant des boulets à des vitesses fantastiques (pour l’époque). Imaginer cette expérience lui a permis dans un premier temps de mieux comprendre la physique de la gravité et du mouvement des corps célestes. Dans un deuxième temps, cette expérience a pu être partagée, discutée et revécue par de nombreuses personnes. Cette expérience de pensée a été tellement marquante pour l’humanité, que 250 ans après la mort de sir Isaac Newton, la page de son carnet décrivant cette expérience (photographie ci-dessous) a été reproduite sur le Voyager Golden Record, embarqué sur les sondes Voyager à destination des confins de l’univers.

 

Visualisation et illusion

 

On a parlé de physique et de physiciens car ces derniers ont compris l’intérêt des visualisations. Notre esprit est un terrain de jeux fantastique ou toutes les choses qui existent peuvent rencontrer tout se qui n’existe pas. On peut penser néanmoins que l’univers extérieur et l’univers intérieur ne sont pas forcément régis par les mêmes lois, et qu’il ne soit pas possible de transposer de l’un à l’autre à moins d’avoir une connaissance intime des phénomènes physiques comme les illustres exemples précédents.

Il n’en est rien, il a été montré par de nombreuses expériences sur des nourrissons que nous avons une compréhension innée de la manière dont les choses interagissent. Même les bébés qui n’ont jamais vécu de cours de physique comprennent comment les objets devraient se comporter. On a démontré ceci en faisant observer diverses scènes à de très jeunes enfants (de moins de 1 an). Si la scène est physiquement aberrante, par exemple une balle qui tombe vers le haut au lieu de tomber vers le bas ou une petite voiture qui traverse un mur, l’enfant va regarder plus longtemps. En montrant que chez de très jeunes enfant, le sens inné de la physique peut être troublé, les chercheurs ont prouvé son existence.

La visualisation créatrice

 

Nicolas Tesla est un des inventeurs les plus prolifique qui ait foulé cette terre. Environ 300 brevets ont été déposés en son nom propre. Ses travaux ont contribué au développement du courant alternatif, de la transmission d’énergie sans fil, de la radio, de l’imagerie aux rayons X, du contrôle à distance,… Au tournant du siècle dernier, alors que le monde était en train de réaliser une transition entre les machines à vapeurs et les machines électriques (en grande partie grâce à lui), il imaginait déjà le smartphone

 

« N’importe qui, sur terre ou en mer, avec un appareil simple et bon marché tenant dans la poche, pourra recevoir des nouvelles du monde entier ou des messages uniquement destinés à l’utilisateur »

– Nicola Tesla

 

Tesla était un avide pratiquant de la visualisation. Il passait de longues heures dans un état qu’on qualifierait de « perdu dans ses pensée ». C’est lors de ces visualisations qu’il raffinait la plupart de ses idées et qu’il imaginait et mettait au point ses inventions.

Vous pouvez pratiquer la visualisation pour créer n’importe quoi. Que cela soit extérieur ou lié à votre être. Une grande partie  des visualisations guidées que vous trouverez en ligne vous promettront la réussite ou la richesse. Même si ce n’est qu’une petite partie de ce qu’il est possible de réaliser par cet outil, cela a évidemment un effet réel. En effet par ces visualisations, vous créez votre futur « vous ». En lui attribuant des vertus ou des biens que vous ne possédez pas encore, vous créez le chemin qui vous mènera vers ce futur « vous », vous ouvrez les potentiels dans votre esprit, les rendant possibles. De la même manière que le designer imaginera un produit nouveau et devra le concevoir en détail avant de déterminer de quelle manière il pourra être fabriqué physiquement.

Comment pratiquer la visualisation ?

 

La visualisation est utilisée dans beaucoup de domaines. Elle est pratiqué pour le soin (anxiété, phobie,…) pour la préparation à un évènement (tentative de record, course, prise de parole en public), pour l’apprentissage,…  Ici nous nous sommes intéressés principalement à la visualisation créatrice. Mais la méthode décrite ci-dessous est valable pour tout type de visualisation. C’est un outil très puissant qu’il est intéressant de développer et qui peut vous aider dans de nombreux domaines.

La visualisation peut être guidée ou libre. Elle peut demander d’entrer dans un état de concentration relâchée (proche de l’état de flow – lien)  et une ouverture qui peut mener vers des chemins inattendus. Il n’existe pas de bonne manière de visualiser. Chacun est évidemment libre de développer et de préciser sa méthode, et bien sûr d’en pratiquer plusieurs. Dans la dernière partie, je vous propose quelque exercices qui permettent de développer ses capacités à visualiser. Je vous propose ici une méthode générique qui pourra vous guider lors de vos premières visualisations ou pour réaliser les exercices en question.

1.Posez une intention pour votre séance

Vous pouvez vouloir faire une visualisation pour obtenir une réponse à un problème particulier mais cela n’est pas une obligation, vous pouvez également simplement souhaiter vous détendre en vous imaginant sur une plage des Bahamas, vous concentrer avant un travail difficile ou simplement laisser vagabonder votre esprit et voir où cela vous mènera.

2.Installez vous confortablement

Allongez vous sur le dos bien à plat, asseyez vous confortablement dans un fauteuil ou sur une chaise le dos droit et les pieds bien à plats sur le sol. Choisissez votre position selon votre intention et votre niveau d’énergie. Si vous êtes très énergique, vous pourriez avoir du mal à trouver une position assise confortable. A l’inverse, si vous êtes fatigué, évitez la position horizontale, vous pourriez sombrer dans le sommeil.

3.Détendez vous

Si cela n’est pas familier pour vous, il est plus simple les premières fois d’utiliser des outils de méditation guidée pour atteindre un état de détente profonde. Vous pouvez réaliser un scan corporel en visualisant la détente de chacun de vos muscles des pieds à la tête (ou de la tête au pied). Vous pouvez également utiliser des méthodes de respiration comme la respiration carré ou la respiration abdominale. Si vous voulez commencer rapidement, vous pouvez simplement compter 10 respirations abdominales profondes en gonflant votre ventre au maximum puis en soufflant lentement.  Plus vous pratiquerez ces méthodes plus elle seront efficaces et vous mettrons rapidement dans un état de détente profonde.

4.Visualisez

C’est le cœur du processus mais si vous avez réalisé toutes les étapes précédente cela va venir naturellement. Même si on parle de visualisation, l’expérience sera plus riche si vous utilisez tout vos sens. Essayer de porter votre attention sur des éléments particuliers: les couleurs, les textures,… Touchez les matière, écoutez les sons, soyez attentif aux parfums ou invoquez les. Interagissez avec votre environnement. Mais surtout profitez de ce moment et de votre toute puissance dans ce monde que vous vous êtes créé.

5.Sortez de la visualisation

Si votre temps est limité, mettez un réveil avec une sonnerie douce. Ne vous précipitez pas à la fin de votre visualisation. Reprenez doucement contact avec votre environnement physique. Prenez conscience des points de contact de votre corps. Ecoutez les sons qui vous entourent. Imaginez l’endroit ou vous vous trouvez. Ouvrez lentement les yeux. Vous pouvez même les refermer à plusieurs reprises. Etirer vous, baillez. Prenez votre temps avant de vous relever.

Cette étape n’est pas à négliger ni à précipiter. Le but est de tirer le plus de bonnes choses possible de cette expérience. Cela peut être des idées nouvelles ou la réponse à un problème, mais aussi un état de calme ou de concentration qui vous aidera à avancer dans votre journée et dans votre vie.

Des exercices pour développer ses capacités de visualisation

 

Il existe une infinité d’exercices qui peuvent vous aider à développer vos capacité de visualisation. De nombreux livres podcasts ou vidéo sur internet vous expliqueront des méthodes ou vous donnerons des idées de visualisation a pratiquer. Je vous propose ici 3 exercices qui vous permettront de développer vos capacités de visualisation.

Comme expliqué plus haut, la visualisation peut faire appel à des techniques de conscience active ou passive. Les exercices qui suivent vont du passif vers l’actif.

Exercice numéro 1 : la chambre à coucher

Dans cette exercice, il s’agit de visualiser une pièce que vous connaissez bien. Typiquement votre chambre à coucher. Ne faites pas que « voir » cette pièce. Entrez-y, toucher les matières, asseyez vous (ou allongez vous pourquoi pas). Prenez conscience des couleurs. De la qualité de la lumière. Des sons éventuels.

Une fois que vous êtes à l’aise et que vous avez bien exploré, si quelque chose ne vous plait pas, ou si vous souhaitez ajouter un élément, comme un tableau de maitre au dessus du lit, un jacuzzi ou une vue sur le Mont Blanc, ne vous gênez pas.

En plus de vos capacité de visualisation de base, cet exercice permet de développer des techniques liés à la mémorisation comme la palais mental (voir Pour aller plus loin ci-dessous).

Exercice numéro 2 : La Dolce Vita

Ici il s’agit simplement de revivre une expérience vécue physiquement agréable. Par exemple un bon repas, un massage prodigué par des mains aimantes, une balade en forêt,… Concentrez vous sur les sensation dans tout votre corps et sur les émotions que cela vous procure. Si lors de l’expérience vécue quelque chose ne vous a pas plus ou aurait put être mieux, changez le.

Cet exercice devrait vous procurez un bien être et un sentiment de repos et de calme profond.

Exercice numéro 3 : Mon coin de Paradis

Rendez vous dans un paysage naturel idyllique de votre choix. Cela peut être une prairie, un lac de montagne, une plage,… Observez votre environnement, modelez le à votre envie. Habitez le réellement, vous pouvez vous roulez dans l’herbe ou vous baigner dans ce torrent qui serpente. Vivez chaque sensation.

Lorsque cela vous plait, peut être après avoir visité ce lieu à plusieurs reprise, vous pouvez vous y construire un abris ou une maison de votre choix et l’aménager avec des choses qui vous font du bien.

Une fois cet havre de paix et de sérénité créé et encré en vous, vous pourrez vous y rendre rapidement et a tout moment pour vous ressourcer et vous recentrer. Vous pourrez l’utiliser également comme « camps de base » pour des visualisations qui vous mèneront plus loin.

Pour aller plus loin

 

Si vous ne savez pas comment vous lancer, les liens ci-dessous peuvent vous aider. Comme dit plus haut, la plupart des ressources sont orientées vers le développement personnel. Mais une fois les techniques de bases intégrées, vous pourrez les adapter à de nombreux domaines dont la création.

Le mentaliste Fabien Olicard partage de manière très didactique des techniques de visualisation qui permettent de tout retenir. Ici le palais mental. Je vous recommande également sa conférence TEDx où il explique plusieures techniques liées ou non à la visualisation. Ses livres également sont très intéressants si vous vous intéressez aux capacités mentales. Il y présente des techniques de visualisation liées à la mémoire et à la concentration.

La chaine Youtube Ginkgo propose de nombreuse méditations et visualisations guidées agréables et bien réalisées.

Le livre Technique de Visualisation Créatrice de Shakti Gawain propose des techniques simples et beaucoup d’exercices de visualisation orientées vers le développement personel.

 

Bonne visualisation !

 

Image d’en-tête Jeanne Menjoulet, CC

Le flow, ce superpouvoir qui est en vous

Le flow, ce superpouvoir qui est en vous

Vous êtes vous déjà senti complètement absorbé par une activité ? Peut être eu une sensation de fluidité extrême. D’être à la fois totalement engagé et concentré sur votre activité mais également complètement détendu. Sans doute avez vous perdu la notion du temps. Si c’est le cas, vous avez sûrement connu ce que les psychologues appelle l’état de flow.

Je vous présente Mihaly Csikszentmihalyi. Ce psychologue américain, au patronyme hongrois imprononçable, a passé toute sa vie à étudier la créativité, le bonheur et la motivation.

Quand il n’est pas trop occupé à distribuer des cadeaux aux enfants sages

C’est à lui que l’on doit la notion de flow. Csikszentmihalyi décrit le flow comme un état d’engagement complet lors duquel la concentration est maximale.

VOTRE CERVEAU EN ÉTAT DE FLOW

Le flow est un état très satisfaisant. Cette satisfaction ne vient pas d’une envie ou d’un besoin qui serait comblé mais du simple fait d’accomplir la tâche de manière fluide et d’y prendre du plaisir. La satisfaction est ici intrinsèque. On parle d’activité autotélique, c’est à dire dont le seul but est sa réalisation en elle-même.

La recherche de cette satisfaction explique l’intérêt d’occupations qui peuvent sembler répétitive. C’est notamment cet état qui est recherché lors de la réalisation de mandalas dans l’univers bouddhiste ou qui explique le succès des coloriages pour adultes.

Les jeux vidéos sont également aptes à mettre le joueur en état de flow. C’est ce qui leur donne un caractère addictif.

Même combat

Ce qui est intéressant c’est que l’état de flow peut être atteint lors d’activités très diverses. Entrer en état de flow permet de prendre du plaisir a n’importe quelle activité et d’être très efficace. Vous pouvez écrire, dessiner, faire votre comptabilité ou votre ménage, préparer une présentation powerpoint  ou diriger une réunion, si vous arrivez à être en état de flow, vous en tirerez une grande satisfaction et serez plus efficace que jamais.

Nous verrons à la fin de l’article comment rentrer plus facilement dans cet état de flow et le maintenir. 

TU T’ES VU QUAND T’AS LE FLOW

Je voudrais vous présenter deux personnes qui savent particulièrement bien maîtriser cet état de flow.

Cet homme est le Dr. John Kitchin mais les gens l’appellent plus volontier Slomo.

John Kitchin flow

Ouiiiiiiiii ! Regardez moi ce sourire !

Le docteur Kitchin était un neurologue réputé, jusqu’à ce qu’il décide de s’écouter et qu’il plaque tout pour faire du roller au ralenti à Venice Beach. Il est devenu une célébrité locale et, même si les gens le prennent pour un fou, il semble avoir réellement trouvé une forme de paix intérieur et de joie de vivre.

Dans ce sujet qui lui est consacré, il déroule son parcours et raconte comment il en est arrivé là. Il explique également comment il peut passer des heures sur ses rollers et les sensations qu’il en retire. C’est une très bonne occasion de voir un individu complètement absorbé par son activité.

Le sport et le flow

Le sport est une activité qui a tendance à faire rentrer le pratiquant en état de flow. On dit souvent qu’on se « vide la tête » en pratiquant. Une part importante du succès de la course à pied vient très certainement du fait qu’elle permet d’atteindre facilement cet état.

Les sportifs professionnels eux recherchent l’état de flow non pas pour les sensations que cela procure mais pour améliorer leur performance.

La vidéo ci-dessous date d’Avril 2016, et représente un petit morceau de l’histoire du basket. Il s’agit du dernier match de la carrière du légendaire Kobe Bryant. C’est un événement qui dépasse largement la sphère du basket. Le Stapple Center ou jouent les Lakers est plein à craquer. De nombreuses stars sont venues assister à la rencontre. Dans la vidéo on peut apercevoir Jack Nicholson, Snoop Dogg, Kanye West (souriant !) ou Jay-Z. La star se doit de finir en beauté.

Mais à 3 minutes et 20 secondes de la fin du match, les Lakers de Bryant sont menés de 10 points (84-94),. La pression est immense. Mais avec une carrière professionnelle longue de 20 ans au plus haut niveau, Kobe n’est pas un lapereau de la veille. Il va assumer pleinement son rôle de meneur de jeu et marquer 6 paniers dont un trois points et 4 lancer franc pour permettre à son équipe de s’imposer 96-101.

La performance est exceptionnelle. Et si vous regardez la vidéo, vous pouvez remarquer une chose. Kobe est dans un état de concentration totale. Son visage est impassible, ses gestes mesurés, ses déplacements millimétrés. Il ne fait aucun mouvement superflu, il réussit tout ce qu’il entreprend en dégageant une impression de facilité déconcertante.

C’est un exemple parfait d’un sportif en état de flow. Si vous observez bien les grands champions, vous reconnaîtrez souvent cet état qui transparaît comme une concentration calme et résolue. Dans les interviews, Kobe décrit cela comme des moments de confiance en lui absolue.

Kobe Bryant flow

 

On l’a vu, le flow est un état plaisant, mais l’exemple de Kobe Bryant montre comment, quand on y ajoute la maîtrise qui vient des milliers d’heures de pratique, il permet de tirer le meilleurs de nous même.

COMMENT CA MARCHE ?

On est bien d’accord, le flow permet d’être défoncé et hyper efficace façon Bradley Cooper dans Limitless et on devrait tous en manger au petit déjeuner afin d’être plus heureux, plus efficace, plus beau et plus drôle. Mais comment faire pour atteindre cet état ? Faut il se lancer dans un marathon 3 fois par semaines ou troquer son iMac pour une trousse de crayons de couleurs ? Tournons nous à nouveau vers Mihaly Sczickzen- Csiskszetmi- Csiktszenmi- enfin vers ce bon vieux Mihaly !

Mihaly en a marre qu’on écorche son nom

Après de nombreux tests et interviews, il comprend que pour rentrer en état de flow il est nécessaire de supprimer les frictions qui ralentissent le fonctionnement de l’esprit. Il faut limiter les interrogations qui ralentissent l’exécution, que l’esprit se sente à l’aise mais pas non plus endormi et avoir la possibilité de rester concentré sur l’activité en cours. Il détermine que 7 conditions doivent être réunies pour entrer en état de flow :

  1. Savoir ce que l’on a à faire
  2. Savoir comment le faire
  3. Savoir si on le fait bien
  4. Savoir dans quelle direction on va
  5. Une difficulté ressentie élevée
  6. Un savoir faire ressenti important
  7. Ne pas être distrait

Reprenons ces éléments

1&2 . Savoir ce que l’on a à faire et comment le faire.

Il ne faut pas avoir à réfléchir à sa prochaine action ni être en train de se demander si la méthode que l’on emploi est bien la plus efficace. Le but est d’entrer le plus rapidement et le plus fluidement possible dans l’action.

3&4. Savoir si on fait bien et dans quelle direction on va

L’enjeu est d’éviter de se poser trop de questions. Si vous êtes en train de faire un coloriage, vous voyez immédiatement si le résultat est correct. Vous voyez également votre page se remplir au fur et à mesure. Ce retour visuel est d’une grande aide pour rester en état de flow. Sans cela, il est très facile de perdre sa concentration. Si vous coloriez à l’encre transparente et devez vérifier constamment où vous êtes déjà passé ou si vous ne connaissez pas l’ampleur du travail restant, votre esprit risque de vagabonder et vous serez moins à l’aise.

5&6. Une difficulté ressentie élevée et un savoir faire ressenti important

Votre esprit doit être stimulé suffisamment pour être pleinement occupé mais ne doit pas se trouver en difficulté. Les différents états qui peuvent être ressentis en fonction des de la difficulté et du savoir faire sont représenté dans la figure suivante :

7. Ne pas être distrait

C’est l’élément le plus simple à comprendre mais parfois le plus compliqué à implémenter. On considère qu’une plage de concentration d’au moins 20 minutes sans interruption est nécessaire pour entrer totalement en état de flow.

OK MAIS COMMENT JE FAIS ?

En plus de garder en tête les éléments ci-dessus, je vous propose un plan d’action en 6 étapes pour entrer en état de flow :

1 – Planifier une tâche

Il s’agit de choisir une tâche, qui soit adapté à votre savoir faire et de vous fixer un objectif clair et dont le résultat est mesurable. Par exemple, écrire 300 mots, pas écrire jusqu’à ce que j’en ai marre.

Préparez et vérifiez également votre lieu de travail. Vous devez avoir tout les outils et matériaux nécessaires à porté de main et en bon état.

Le but de cette étape est de faire en sorte que vous n’ayez plus à réfléchir à ce que vous avez à faire ni comment vous allez le faire et que tout se passe de manière fluide sans que vous ayez le besoin de vous interrompre.

2 – Eliminer les distractions

Éteignez votre portable, posez le hors de votre vue, désactiver le wifi, faites savoir que vous ne voulez pas être dérangé. C’est une étape cruciale et très difficile à respecter.

concentration flow

pourquoi pas ?

3 – S’y mettre

Il n’y a pas de secret, vous savez ce que vous avez à faire. Vous avez la connaissance et les bons outils. Il faut s’y mettre.

4 – Continuer

Ça n’est pas le moment de faire une pause BN. Pour entrer en état de flow, on l’a vu un certain temps est nécessaire. Cela peut être inconfortable mais il faut s’y tenir. C’est un petit secret qui était déjà connu de Tchaïkovski.

5 – Finir la tache

Il est important d’aller jusqu’au bout. A chaque fois que vous terminez une tâche, surtout une tâche compliquée, vous ressentez de la fierté. En fait votre cerveau reçoit une décharge de dopamine. Vous apprenez alors à associer le travail à un plaisir. A force de répétition, vous renforcez de plus en plus ce schéma, et prenez de plus en plus de plaisir à la tâche associée. Un peu comme si vous gagniez des niveaux dans un jeu vidéo.

Au contraire une tâche non terminée ou bâclée vous laissera un mauvais souvenir, il sera d’autant plus difficile de vous y remettre. C’est pourquoi il est important de se fixer des objectifs (mêmes simples) et de s’y tenir au maximum.

LE PETIT PLUS

Au delà de cette méthode, un certain nombre d’élément supplémentaires peuvent être engagés pour améliorer votre capacité à entrer dans le flow et à vous y maintenir.

  • Détendez vous

Respirer, étirez vous. Pour que votre esprit soit à l’aise votre corps doit l’être aussi. Pratiquer la méditation peut vous aider à atteindre plus rapidement un état de concentration élevée tout en restant détendu.

  • Choisissez le bon moment

Certain sont du matin d’autre du soir. Ecoutez vous et essayez de planifier vos séances de travail intensif en fonction de votre rythme. Je sais par exemple que je suis très peu efficace l’après midi. Je garde les travaux complexes pour le matin ou le soir.

  • Écoutez de la musique

La musique à 3 effets positifs. Premièrement elle vous coupe du monde extérieur et permet de limiter un peu plus les distractions potentielles. Deuxièmement elle occupe votre cerveau en tâche de fond. Troisièmement, elle vous entraîne à poursuivre votre travail.

Pour que cela soit efficace, il faut par contre qu’elle ne soit pas trop prenante. Je préfère des musiques instrumentales à des chansons dans des langues que je comprend par exemple, surtout si j’écris. Il existe des musique ou des sons créés spécialement pour faciliter la concentration. Vous pouvez essayer des bruits blancs ou des musiques telles que celles-ci. Personnellement j’aime les musiques de jeux vidéo. Elle sont composées de manière à être discrètes mais suffisamment entraînantes sans avoir l’air trop répétitive. Le seul inconvénient c’est qu’on vous prend un peu pour un fou lorsqu’on se rend compte que vous utilisez votre casque Bose dernier cris pour écouter de la musique 8 bits.

  • Créez un environnement idéal

Toujours le même but, éliminer les frictions. Sachez où sont vos outils (numérique ou non), maintenez les en bon état. Rien de pire pour gâcher une séance de travail que de devoir s’interrompre pour chercher son crayon pendant ¼ d’heure ou de s’arracher les cheveux à utiliser un logiciel obsolète sur un ordinateur qui rame.

  • Pratiquez la positivité pour devenir autotelic

Ok, devoir faire la vaisselle ou tondre la pelouse ne sont peut être pas vos activités préférées. Mais si vous les abordez avec un état d’esprit positif, elles peuvent devenir également des activité autotéliques. Pratiquer la positivité au quotidien vous permet de prendre du plaisir dans la réalisation des tâches les plus fastidieuses ou difficiles. Vu qu’il faut le faire, autant être efficace et  prendre du plaisir. 

 

 

 

N’hésitez pas à partager vos propres astuces et expériences.

6 inventions low tech qui pourraient changer le monde

6 inventions low tech qui pourraient changer le monde

On raconte que dans les années 60, les américains auraient dépensé 1 milliard de dollars pour développer un stylo pouvant écrire dans l’espace. Les russes auraient juste emporté des crayons. Même si cette histoire n’est pas exacte (et qu’utiliser un crayon dans une navette spatiale est une mauvaise idée), elle illustre bien le paradoxe de la course à la conception et à l’utilisation de technologies de plus en plus complexes et coûteuses. Pour preuve, le nombre d’appareils électriques, et autres robots multifonctions qui encombrent nos cuisines alors que les plats que nous préparons sont sensiblement les mêmes que ceux que préparaient nos grands parents sans utiliser d’électricité.

La conséquence la plus néfaste de cette course à la haute technologie est la surexploitation des ressources naturelles. On utilise de plus en plus de matériaux pour fabriquer des produits qui nécessitent de plus en plus d’énergie pour fonctionner. Ces produits deviennent tellement complexes qu’ils ne peuvent pas être réparés ni recyclés facilement, ils sont jetés fréquemment et les ressources qui les composent sont perdues.

Les métaux notamment sont très utiles pour les hautes technologies. Or en 2021, les réserves connues d’argent seront épuisées, celle d’or en 2025. Quand au cuivre, en prévision des pénuries à venir, la Chine en stocke des quantités record. Au point que son prix s’envole, entraînant avec lui le prix des cartes électroniques.

A l’opposé de cette course vers toujours plus de complexité, d’énergie et de matière dépensée, certaines innovations se démarquent par leur simplicité. Elles répondent à un problème concret en utilisant des ressources ou des savoir-faire disponibles localement. Elles sont facilement compréhensibles et réparables par leur utilisateurs et n’utilisent pas de ressources non renouvelables. On appelle ses inventions low tech, technologies intermédiaires, innovations frugales ou encore jugaad.

Explorons 6 exemples de ces innovations qui ne coûtent rien mais qui changent tout.

 

1 – Comment éclairer les habitants des bidonville sans danger et sans électricité ?

 

 

Dans les bidonvilles indiens ou brésiliens, les habitations privées de fenêtres et non raccordées à l’électricité sont plongées dans le noir même en plein jour. Les habitants ne peuvent pas travailler à l’intérieur et son condamnés à l’obscurité dès qu’il pleut ou que la chaleur est trop étouffante pour sortir. Comment résoudre ce problème ? Un ingénieur brésilien, Alfredo Moser, à trouvé une solution simple et fabricable uniquement avec des matériaux disponibles sur place : une bouteille d’eau vide, de la tôle ondulée et un peu d’eau de javel.

bouteille, lumière, low tech

Cette solution, installable et réparable par les utilisateurs a été adoptée dans de nombreux quartiers. Une version agrémenté d’un petit panneau solaire et d’une LED qui permet d’avoir de la lumière également la nuit est installée par de nombreuses associations.

 

2 – Comment sauver des milliers de bébés chaque année ?

 

 

Plus d’un million de bébés meurent chaque année le jour de leur naissance. Une des principale cause de ces décès est l’hypothermie. Les prématurés sont particulièrement sensibles car ils manquent de graisse pour se protéger. Dans les pays développés la solution est de mettre les bébés en couveuse pendant les premières heures de leur vie.

Le problème est que 98% des bébés naissent dans des pays en développement. Dans ces pays, beaucoup d’hôpitaux n’ont pas les moyens de s’équiper ou d’entretenir des couveuses. De plus leur accès à l’électricité peut être irrégulier.

Un groupe d’étudiant de Stanford à trouvé une solution  adaptée à ce problème. Leur « couveuse » est plutôt un duvet dans lequel on peut emmitoufler le bébé. A l’arrière de celui-ci se trouve une poche dans laquelle se glisse des chaufferettes qui produisent de la chaleur  grâce à un procédé physico-chimique. Cette couveuse maintient les bébés au chaud pendant 6h.

jugaad, embrace warmer, couveuse low tech

L’ONG Embrace, fabrique et distribue ces couveuses. En inde qui est une de leur principale zone d’action, on parle de technologie jugaad qui en hindi signifie « débrouillardise ».

3 – Comment permettre à chacun de disposer d’un ordinateur ?

 

 

Jerry Do it together, est une initiative d’étudiants français. Le concept est de fabriquer une infrastructure informatique (ordinateur ou serveur) en groupe, avec des composants de récupération assemblés dans un bidon. 

Jerry DIT do it together low tech

Inspiré de la mouvance du DIY et de l’open source, plus qu’un produit à part entière, le Jerry DIT représente un échange de savoir-faire et de pratiques qui permettent de répondre localement au besoin d’informatisation. Ces ordinateurs permettent l’accès à l’informatique et à internet avec un coût d’équipement nul et en recyclant du matériel destiné à être jeté.

Autre intérêt, fabriquer un Jerry DIT permets d’expliquer simplement comment fonctionne un ordinateur.

4 – Comment permettre à tous de découvrir l’infiniment petit ?

 

 

Le Foldoscope est un microscope imprimé sur du papier qui coûte moins de 1$ à fabriquer. Il fonctionne sans électricité, grossi 2000 fois et ne nécessite aucun savoir-faire particulier pour être assemblé ou utilisé. Il est particulièrement adapté aux terrains difficiles : Il ne pèse que 8g, on peut marcher dessus ou le faire tomber du troisième étage d’un immeuble et il continuera à marcher.

foldoscope, low tech microscope

Un tel microscope peut être utilisé pour détecter des maladies, telles que le paludisme, dans des échantillons de sang. C’est également un formidable outil pour intéresser des populations à la science. Il peut être utilisé pour regarder directement des échantillons ou pour projeter leur image sur un mur. Le Foldoscope à été conçu en faisant appel à des connaissances poussées en optique, en origami et en fabrication plane. Tout comme la couveuse Embrace, il peut difficilement être fabriqué localement. Néanmoins son faible coût, sa résilience, sa simplicité d’utilisation et son universalité font que l’on peut le considérer comme une low tech au sens large.

Manu Prakash et son équipe, qui sont derrière cette innovation, développent également une centrifugeuse en papier qui permet de quantifier le risque d’anémie.

 

5 – Comment conserver des aliments au frais sans électricité ?

 

 

En 2001, un tremblement de terre détruit l’atelier de poterie de Mansukh Prajapati dans l’Ouest de l’Inde. Il a alors l’idée de remettre au gout du jour une technique traditionnelle de conservation des aliments. Le Mitticool est une sorte de réfrigérateur en terre cuite. Il permet de conserver des aliments à une température 15 à 20 degré inférieure à la température extérieure.

Mitticool, refrgérateur low tech, jugaad

Pour cela, pas besoin d’électricité, il suffit juste de recharger régulièrement en eau. En s’évaporant, celle-ci raffraichi l’enceinte intérieure. En plus de ne nécessiter aucune source d’énergie et d’être fabricable localement, le Mitticool est entièrement recyclable.

 

6 – Comment se rendre à son bureau (et bien plus) ?

 

 

Les low techs ne concerne pas uniquement les pays en voie de développement. Un exemple de low tech que la plupart d’entre nous ont déjà utilisé est le vélo. Durable, simple, ne consommant pas d’énergie, le vélo est le moyen de transport le plus utilisé. On en fabrique dans le monde plus de 4 par secondes. Ils peut être adapté à divers besoins, qu’on les utilise pour se déplacer,  ou transporter des gens ou des objets. Certain sont même adaptés pour transmettre l’énergie humaine afin d’entraîner des machines tournantes ou monter des charges.

vélo triple

Le regain d’intérêt pour le vélo dans les pays développés et l’adoption massive de ce moyen de transport montre bien le potentiel des low techs.

 

Où vont les low techs ?

 

 

Les technologies low tech connaissent un regain d’intérêt. Pour preuve, le nombre d’articles, de sites ou de livres traitant du sujet sortis ces dernières années. Ce mouvement concerne tout le monde, pas seulement les populations des pays en voie de développement.

Pour les citoyens il s’agit de se réapproprier l’innovation et les objets utilisés au quotidien. Le lien est évident avec le mouvement du DIY, des fablabs et hackerspaces et avec les aspirations environnementales, humanistes et écologiques qui saisissent nos sociétés.

Tout l’intérêt d’une innovation low tech est qu’elle peut facilement être copiée, modifiée et réutilisée. Dès lors se pose la question de la rémunération. Quel serait l’intérêt d’une entreprise ou d’un particulier à dépenser du temps et de l’argent à inventer une solution sans espoir de retour sur investissement ?

Sans aucun doute, le fait que des initiatives désintéressées se multiplient, montre que l’intérêt financier n’est pas le seul moteur. Le fait pour un particulier ou une entreprise de résoudre un problème et de partager la solution peut apporter plus que de l’argent. L’échange, l’entraide, la reconnaissance sont des valeurs gratifiantes qui sont des moteurs forts. Et ce même pour une entreprise. Pour mémoire, Volvo a libéré le brevet de la ceinture 3 points pour que les autres constructeurs puissent l’installer dans leur voitures, contribuant à sauver des milliers de vies chaque année.

C’est ce que les bouddhistes appellent de l' »égoïsme intelligent ». Aider les gens avant de penser à soi apporte bien plus sur le long terme qu’un comportement intéressé. Notre bien être et notre estime de soi sont renforcés et cela permet d’enclencher un cercle vertueux qui finira par nous être personnellement profitable, d’une manière ou d’une autre.

Des ressources pour aller plus loin

 

Lowtech Magazine :  (en anglais) Site d’information et d’actualité sur la low tech Cap sur l’innovation : Une série d’émissions sur Arte, un équipage fait le tour du monde en voilier (encore une low tech) pour découvrir des low techs à chaque étape. Le Low Tech Lab : une communauté structurée autour de la low tech qui propose notamment des tutoriels pour réaliser chez soi des éoliennes, fours solaires ou autre monte charge à bicyclette. La chaire Industrielle Ingénierie et Innovation Frugale (I3F) de Télécom Paristech : anime la recherche et créé des évènements autour de l’innovation frugale (hackathon, séminaires, …). Stanford Poverty & Technologie Lab : le laboratoire dédié de l’université de Stanford qui est très actif depuis de nombreuses années dans le domaine. Small is Beautiful: A Study of Economics As If People Mattered, Schumacher, 1973, cet ouvrage promeut le retour à une innovation décentralisée et centrée sur l’humain

8 conseils de Stephen King pour les écrivains (et pas que)

8 conseils de Stephen King pour les écrivains (et pas que)

Vendre 350 million de livres ça vous tente ? Depuis son premier roman à succès, Carrie en 1974, Stephen King a publié plus de 50 romans et 200 nouvelles. Un grand nombre de ses livres ont été adaptés au cinéma. C’est un des auteurs les plus prolifiques et les plus lu ayant jamais existé. 25 ans après son premier roman, il publie son premier livre qui ne soit pas une fiction. On Writing est devenu très rapidement un classique pour tout les apprentis écrivains (et pas que). Stephen King y raconte ses débuts difficiles, puis explique des principes de base de l’écriture créative et expose ses méthodes et astuces. Ce livre est passionnant pour tout ceux qui s’intéressent à l’écriture et à la création. Je vous encourage vivement à le lire, même si l’écriture n’est pas une priorité pour vous.

En attendant, voici 8 principes tirés de son livre qui sont directement applicable pour les personnes qui écrivent, et leur adaptation pour tout les créatifs.

1. Lire beaucoup écrire beaucoup

« Vous ne pouvez pas espérer balayer quelqu’un par la puissance de votre écriture à moins que cela ne vous ait déjà été fait. »

-Stephen King, On Writing, 2009

Stephen King lit entre 70 et 80 livres par ans. Il considère pourtant être un lecteur assez lent. Quel que soit votre art ou votre intérêt, vous pouvez appliquer ce conseil. Il a d’ailleurs été montré que certains romans peuvent booster la créativité.

Dans un cadre plus large, il s’agit également de se nourrir de son art. Stephen King ne lit pas simplement, il dissèque les romans des grand maîtres et de ses contemporain. Si vous voulez grandir en tant qu’artiste il faut non seulement pratiquer, mais aussi consommer beaucoup. Si vous êtes peintre allez évidemment voir des expositions de peinture, si vous êtes menuisier, démontez les meubles de votre belle mère.

2. Avoir du vocabulaire mais ne pas se reposer dessus

Le vocabulaire est la base de l’écriture. Impossible d’écrire si on ne connait pas de mots. Stephen King donne des exemples très parlant d’écrivains qui écrivent de très belles histoires avec peu de vocabulaire et d’autres qui semblent vouloir étaler leur connaissance du dictionnaire à chaque page mais dont l’oeuvre reste plate.

Il faut connaitre les techniques de base de son art. Mais ne pas se sentir limité par son manque de connaissances. Ni vouloir étaler sa science dans chacune de ses œuvres.

3. Suivre les règles, sauf si on les connait très bien

La grammaire représente l’essentiel des règles de l’écriture. Il faut appliquer ces règles pour être compris. Ça n’est que lorsqu’on les connait suffisamment bien pour comprendre de quelle manière on les transgresse, qu’il est acceptable de le faire.

Il en va de même dans les autres domaines. Par exemple un musicien commence par improviser en utilisant les notes de gammes connues. Lorsqu’il maîtrise bien ses gammes, il comprend l’effet qu’aura une certaine note hors de celles-ci et pourra l’intégrer dans ses compositions. Commencez par apprendre, appliquer et maîtriser la grammaire de votre art avant de la transgresser au risque d’être incompréhensible ou inécoutable.

4. Ne pas s’arrêter ni ralentir

« Si je n’écris pas tout les jours, les personnages commencent à s’épuiser dans ma tête. Ils commencent à ressembler à des personnages et pas à de vrais personnes. […] Le travail commence à ressembler à du travail et, pour la plupart des écrivains, c’est le baiser de la mort »

-Stephen King, On Writing, 2009

L’élan initial est primordial et il faut l’entretenir. Après un temps d’arrêt prolongé, il devient difficile de se remettre à un ouvrage et celui-ci perd de son sens, même pour le créateur.

Un contrepoint à cette règle est pourtant apporté plus loin dans le livre. Stephen King explique qu’après avoir achevé la première version d’un manuscrit, il laisse celui-ci reposer quelques semaines avant de le reprendre avec un œil « neuf ». Il peut être utile de se laisser du temps lorsque l’on a atteint une étape importante.

5. Ecrire un mot à la fois

« Lors d’une de mes première interview (pour la promotion de Carrie je pense) Un animateur radio m’a demandé comment j’écrivais. Ma réponse : « un mot à la fois », l’a laissé sans voix. Je pense qu’il essayait de déterminer si je plaisantais ou pas. Je ne plaisantais pas. Au final c’est aussi simple que ça. »

-Stephen King, On Writing, 2009

N’importe quelle oeuvre, de la plus élémentaire à la plus complexe se construit en assemblant des briques de base. On peut être impressionné par une oeuvre massive. Mais Léon Tolstoï a écrit Guerre et Paix en mettant bout à bout des mots pour faire une phrase, puis une nouvelle, et encore une autre. De même Michel-Ange n’a pas peint le toit de la chapelle Sixtine en un jour, mais petit à petit, un trait de pinceau après l’autre.

6. Ecrivez porte fermée éditez porte ouverte

Coupez vous de l’extérieur, éteignez votre téléphone, n’aller pas sur internet. C’est de cette manière que vous pourrez vous concentrer assez longtemps pour pouvoir sortir ce que vous avez en vous. Le premier jet est pour vous, il doit refléter ce que vous avez dans la tête ou dans le cœur.

Une fois ce travail posé, ouvrez la porte pour la première relecture. Cela ne signifie pas que vous deviez présenter une oeuvre non aboutie. Mais lors de cette phase de relecture et de correction essayez de vous mettre à la place du public ou du client de votre oeuvre. Maintenant que la structure de votre oeuvre est posée il est important de s’assurer que celle-ci sera reçue et comprise comme vous le souhaitez par ce lecteur.

7. Laissez les personnages vivre

Stephen King conseille de ne pas s’attacher à écrire au préalable un scénario global. Sa méthode consiste à placer des personnages dans des situations et a retranscrire l’histoire qu’il voit se dérouler devant lui. Cette méthode n’est évidement pas adapté à tous les arts ou à tout les genres. On voit mal un roman policier être écrit de cette manière par exemple. C’est sûrement le fait qu’il ait lui même été surprit par la progression de sa propre histoire, qui donne au lecteur l’envie à chaque page de découvrir la suite.

Cette méthode peut être appliquée à d’autre activités créatives. En jazz par exemple, un groupe peut improviser autour d’une mélodie simple qui se répète puis se transforme.

C’est ce que font également collectivement les surréalistes lorsqu’ils inventent le cadavre exquis.

Man Ray, Max Morise, André Breton, Yves Tanguy - Cadavre Exquis (1928)

Man Ray, Max Morise, André Breton, Yves Tanguy – Cadavre Exquis (1928)

8. Le plus effrayant c’est avant de commencer. Ensuite ça ne fait que s’améliorer.

Une fois qu’on s’est lancé, qu’on a commencé à dire ses premières phrases, à coder ses premières fonctions, à tracer les premiers traits, les choses ne font que s’améliorer. La pompe est en marche et il reste « juste » à travailler.