6 inventions low tech qui pourraient changer le monde

6 inventions low tech qui pourraient changer le monde

On raconte que dans les années 60, les américains auraient dépensé 1 milliard de dollars pour développer un stylo pouvant écrire dans l’espace. Les russes auraient juste emporté des crayons. Même si cette histoire n’est pas exacte (et qu’utiliser un crayon dans une navette spatiale est une mauvaise idée), elle illustre bien le paradoxe de la course à la conception et à l’utilisation de technologies de plus en plus complexes et coûteuses. Pour preuve, le nombre d’appareils électriques, et autres robots multifonctions qui encombrent nos cuisines alors que les plats que nous préparons sont sensiblement les mêmes que ceux que préparaient nos grands parents sans utiliser d’électricité.

La conséquence la plus néfaste de cette course à la haute technologie est la surexploitation des ressources naturelles. On utilise de plus en plus de matériaux pour fabriquer des produits qui nécessitent de plus en plus d’énergie pour fonctionner. Ces produits deviennent tellement complexes qu’ils ne peuvent pas être réparés ni recyclés facilement, ils sont jetés fréquemment et les ressources qui les composent sont perdues.

Les métaux notamment sont très utiles pour les hautes technologies. Or en 2021, les réserves connues d’argent seront épuisées, celle d’or en 2025. Quand au cuivre, en prévision des pénuries à venir, la Chine en stocke des quantités record. Au point que son prix s’envole, entraînant avec lui le prix des cartes électroniques.

A l’opposé de cette course vers toujours plus de complexité, d’énergie et de matière dépensée, certaines innovations se démarquent par leur simplicité. Elles répondent à un problème concret en utilisant des ressources ou des savoir-faire disponibles localement. Elles sont facilement compréhensibles et réparables par leur utilisateurs et n’utilisent pas de ressources non renouvelables. On appelle ses inventions low tech, technologies intermédiaires, innovations frugales ou encore jugaad.

Explorons 6 exemples de ces innovations qui ne coûtent rien mais qui changent tout.

 

1 – Comment éclairer les habitants des bidonville sans danger et sans électricité ?

 

 

Dans les bidonvilles indiens ou brésiliens, les habitations privées de fenêtres et non raccordées à l’électricité sont plongées dans le noir même en plein jour. Les habitants ne peuvent pas travailler à l’intérieur et son condamnés à l’obscurité dès qu’il pleut ou que la chaleur est trop étouffante pour sortir. Comment résoudre ce problème ? Un ingénieur brésilien, Alfredo Moser, à trouvé une solution simple et fabricable uniquement avec des matériaux disponibles sur place : une bouteille d’eau vide, de la tôle ondulée et un peu d’eau de javel.

bouteille, lumière, low tech

Cette solution, installable et réparable par les utilisateurs a été adoptée dans de nombreux quartiers. Une version agrémenté d’un petit panneau solaire et d’une LED qui permet d’avoir de la lumière également la nuit est installée par de nombreuses associations.

 

2 – Comment sauver des milliers de bébés chaque année ?

 

 

Plus d’un million de bébés meurent chaque année le jour de leur naissance. Une des principale cause de ces décès est l’hypothermie. Les prématurés sont particulièrement sensibles car ils manquent de graisse pour se protéger. Dans les pays développés la solution est de mettre les bébés en couveuse pendant les premières heures de leur vie.

Le problème est que 98% des bébés naissent dans des pays en développement. Dans ces pays, beaucoup d’hôpitaux n’ont pas les moyens de s’équiper ou d’entretenir des couveuses. De plus leur accès à l’électricité peut être irrégulier.

Un groupe d’étudiant de Stanford à trouvé une solution  adaptée à ce problème. Leur « couveuse » est plutôt un duvet dans lequel on peut emmitoufler le bébé. A l’arrière de celui-ci se trouve une poche dans laquelle se glisse des chaufferettes qui produisent de la chaleur  grâce à un procédé physico-chimique. Cette couveuse maintient les bébés au chaud pendant 6h.

jugaad, embrace warmer, couveuse low tech

L’ONG Embrace, fabrique et distribue ces couveuses. En inde qui est une de leur principale zone d’action, on parle de technologie jugaad qui en hindi signifie « débrouillardise ».

3 – Comment permettre à chacun de disposer d’un ordinateur ?

 

 

Jerry Do it together, est une initiative d’étudiants français. Le concept est de fabriquer une infrastructure informatique (ordinateur ou serveur) en groupe, avec des composants de récupération assemblés dans un bidon. 

Jerry DIT do it together low tech

Inspiré de la mouvance du DIY et de l’open source, plus qu’un produit à part entière, le Jerry DIT représente un échange de savoir-faire et de pratiques qui permettent de répondre localement au besoin d’informatisation. Ces ordinateurs permettent l’accès à l’informatique et à internet avec un coût d’équipement nul et en recyclant du matériel destiné à être jeté.

Autre intérêt, fabriquer un Jerry DIT permets d’expliquer simplement comment fonctionne un ordinateur.

4 – Comment permettre à tous de découvrir l’infiniment petit ?

 

 

Le Foldoscope est un microscope imprimé sur du papier qui coûte moins de 1$ à fabriquer. Il fonctionne sans électricité, grossi 2000 fois et ne nécessite aucun savoir-faire particulier pour être assemblé ou utilisé. Il est particulièrement adapté aux terrains difficiles : Il ne pèse que 8g, on peut marcher dessus ou le faire tomber du troisième étage d’un immeuble et il continuera à marcher.

foldoscope, low tech microscope

Un tel microscope peut être utilisé pour détecter des maladies, telles que le paludisme, dans des échantillons de sang. C’est également un formidable outil pour intéresser des populations à la science. Il peut être utilisé pour regarder directement des échantillons ou pour projeter leur image sur un mur. Le Foldoscope à été conçu en faisant appel à des connaissances poussées en optique, en origami et en fabrication plane. Tout comme la couveuse Embrace, il peut difficilement être fabriqué localement. Néanmoins son faible coût, sa résilience, sa simplicité d’utilisation et son universalité font que l’on peut le considérer comme une low tech au sens large.

Manu Prakash et son équipe, qui sont derrière cette innovation, développent également une centrifugeuse en papier qui permet de quantifier le risque d’anémie.

 

5 – Comment conserver des aliments au frais sans électricité ?

 

 

En 2001, un tremblement de terre détruit l’atelier de poterie de Mansukh Prajapati dans l’Ouest de l’Inde. Il a alors l’idée de remettre au gout du jour une technique traditionnelle de conservation des aliments. Le Mitticool est une sorte de réfrigérateur en terre cuite. Il permet de conserver des aliments à une température 15 à 20 degré inférieure à la température extérieure.

Mitticool, refrgérateur low tech, jugaad

Pour cela, pas besoin d’électricité, il suffit juste de recharger régulièrement en eau. En s’évaporant, celle-ci raffraichi l’enceinte intérieure. En plus de ne nécessiter aucune source d’énergie et d’être fabricable localement, le Mitticool est entièrement recyclable.

 

6 – Comment se rendre à son bureau (et bien plus) ?

 

 

Les low techs ne concerne pas uniquement les pays en voie de développement. Un exemple de low tech que la plupart d’entre nous ont déjà utilisé est le vélo. Durable, simple, ne consommant pas d’énergie, le vélo est le moyen de transport le plus utilisé. On en fabrique dans le monde plus de 4 par secondes. Ils peut être adapté à divers besoins, qu’on les utilise pour se déplacer,  ou transporter des gens ou des objets. Certain sont même adaptés pour transmettre l’énergie humaine afin d’entraîner des machines tournantes ou monter des charges.

vélo triple

Le regain d’intérêt pour le vélo dans les pays développés et l’adoption massive de ce moyen de transport montre bien le potentiel des low techs.

 

Où vont les low techs ?

 

 

Les technologies low tech connaissent un regain d’intérêt. Pour preuve, le nombre d’articles, de sites ou de livres traitant du sujet sortis ces dernières années. Ce mouvement concerne tout le monde, pas seulement les populations des pays en voie de développement.

Pour les citoyens il s’agit de se réapproprier l’innovation et les objets utilisés au quotidien. Le lien est évident avec le mouvement du DIY, des fablabs et hackerspaces et avec les aspirations environnementales, humanistes et écologiques qui saisissent nos sociétés.

Tout l’intérêt d’une innovation low tech est qu’elle peut facilement être copiée, modifiée et réutilisée. Dès lors se pose la question de la rémunération. Quel serait l’intérêt d’une entreprise ou d’un particulier à dépenser du temps et de l’argent à inventer une solution sans espoir de retour sur investissement ?

Sans aucun doute, le fait que des initiatives désintéressées se multiplient, montre que l’intérêt financier n’est pas le seul moteur. Le fait pour un particulier ou une entreprise de résoudre un problème et de partager la solution peut apporter plus que de l’argent. L’échange, l’entraide, la reconnaissance sont des valeurs gratifiantes qui sont des moteurs forts. Et ce même pour une entreprise. Pour mémoire, Volvo a libéré le brevet de la ceinture 3 points pour que les autres constructeurs puissent l’installer dans leur voitures, contribuant à sauver des milliers de vies chaque année.

C’est ce que les bouddhistes appellent de l' »égoïsme intelligent ». Aider les gens avant de penser à soi apporte bien plus sur le long terme qu’un comportement intéressé. Notre bien être et notre estime de soi sont renforcés et cela permet d’enclencher un cercle vertueux qui finira par nous être personnellement profitable, d’une manière ou d’une autre.

Des ressources pour aller plus loin

 

Lowtech Magazine :  (en anglais) Site d’information et d’actualité sur la low tech Cap sur l’innovation : Une série d’émissions sur Arte, un équipage fait le tour du monde en voilier (encore une low tech) pour découvrir des low techs à chaque étape. Le Low Tech Lab : une communauté structurée autour de la low tech qui propose notamment des tutoriels pour réaliser chez soi des éoliennes, fours solaires ou autre monte charge à bicyclette. La chaire Industrielle Ingénierie et Innovation Frugale (I3F) de Télécom Paristech : anime la recherche et créé des évènements autour de l’innovation frugale (hackathon, séminaires, …). Stanford Poverty & Technologie Lab : le laboratoire dédié de l’université de Stanford qui est très actif depuis de nombreuses années dans le domaine. Small is Beautiful: A Study of Economics As If People Mattered, Schumacher, 1973, cet ouvrage promeut le retour à une innovation décentralisée et centrée sur l’humain

8 conseils de Stephen King pour les écrivains (et pas que)

8 conseils de Stephen King pour les écrivains (et pas que)

Vendre 350 million de livres ça vous tente ? Depuis son premier roman à succès, Carrie en 1974, Stephen King a publié plus de 50 romans et 200 nouvelles. Un grand nombre de ses livres ont été adaptés au cinéma. C’est un des auteurs les plus prolifiques et les plus lu ayant jamais existé. 25 ans après son premier roman, il publie son premier livre qui ne soit pas une fiction. On Writing est devenu très rapidement un classique pour tout les apprentis écrivains (et pas que). Stephen King y raconte ses débuts difficiles, puis explique des principes de base de l’écriture créative et expose ses méthodes et astuces. Ce livre est passionnant pour tout ceux qui s’intéressent à l’écriture et à la création. Je vous encourage vivement à le lire, même si l’écriture n’est pas une priorité pour vous.

En attendant, voici 8 principes tirés de son livre qui sont directement applicable pour les personnes qui écrivent, et leur adaptation pour tout les créatifs.

1. Lire beaucoup écrire beaucoup

« Vous ne pouvez pas espérer balayer quelqu’un par la puissance de votre écriture à moins que cela ne vous ait déjà été fait. »

-Stephen King, On Writing, 2009

Stephen King lit entre 70 et 80 livres par ans. Il considère pourtant être un lecteur assez lent. Quel que soit votre art ou votre intérêt, vous pouvez appliquer ce conseil. Il a d’ailleurs été montré que certains romans peuvent booster la créativité.

Dans un cadre plus large, il s’agit également de se nourrir de son art. Stephen King ne lit pas simplement, il dissèque les romans des grand maîtres et de ses contemporain. Si vous voulez grandir en tant qu’artiste il faut non seulement pratiquer, mais aussi consommer beaucoup. Si vous êtes peintre allez évidemment voir des expositions de peinture, si vous êtes menuisier, démontez les meubles de votre belle mère.

2. Avoir du vocabulaire mais ne pas se reposer dessus

Le vocabulaire est la base de l’écriture. Impossible d’écrire si on ne connait pas de mots. Stephen King donne des exemples très parlant d’écrivains qui écrivent de très belles histoires avec peu de vocabulaire et d’autres qui semblent vouloir étaler leur connaissance du dictionnaire à chaque page mais dont l’oeuvre reste plate.

Il faut connaitre les techniques de base de son art. Mais ne pas se sentir limité par son manque de connaissances. Ni vouloir étaler sa science dans chacune de ses œuvres.

3. Suivre les règles, sauf si on les connait très bien

La grammaire représente l’essentiel des règles de l’écriture. Il faut appliquer ces règles pour être compris. Ça n’est que lorsqu’on les connait suffisamment bien pour comprendre de quelle manière on les transgresse, qu’il est acceptable de le faire.

Il en va de même dans les autres domaines. Par exemple un musicien commence par improviser en utilisant les notes de gammes connues. Lorsqu’il maîtrise bien ses gammes, il comprend l’effet qu’aura une certaine note hors de celles-ci et pourra l’intégrer dans ses compositions. Commencez par apprendre, appliquer et maîtriser la grammaire de votre art avant de la transgresser au risque d’être incompréhensible ou inécoutable.

4. Ne pas s’arrêter ni ralentir

« Si je n’écris pas tout les jours, les personnages commencent à s’épuiser dans ma tête. Ils commencent à ressembler à des personnages et pas à de vrais personnes. […] Le travail commence à ressembler à du travail et, pour la plupart des écrivains, c’est le baiser de la mort »

-Stephen King, On Writing, 2009

L’élan initial est primordial et il faut l’entretenir. Après un temps d’arrêt prolongé, il devient difficile de se remettre à un ouvrage et celui-ci perd de son sens, même pour le créateur.

Un contrepoint à cette règle est pourtant apporté plus loin dans le livre. Stephen King explique qu’après avoir achevé la première version d’un manuscrit, il laisse celui-ci reposer quelques semaines avant de le reprendre avec un œil « neuf ». Il peut être utile de se laisser du temps lorsque l’on a atteint une étape importante.

5. Ecrire un mot à la fois

« Lors d’une de mes première interview (pour la promotion de Carrie je pense) Un animateur radio m’a demandé comment j’écrivais. Ma réponse : « un mot à la fois », l’a laissé sans voix. Je pense qu’il essayait de déterminer si je plaisantais ou pas. Je ne plaisantais pas. Au final c’est aussi simple que ça. »

-Stephen King, On Writing, 2009

N’importe quelle oeuvre, de la plus élémentaire à la plus complexe se construit en assemblant des briques de base. On peut être impressionné par une oeuvre massive. Mais Léon Tolstoï a écrit Guerre et Paix en mettant bout à bout des mots pour faire une phrase, puis une nouvelle, et encore une autre. De même Michel-Ange n’a pas peint le toit de la chapelle Sixtine en un jour, mais petit à petit, un trait de pinceau après l’autre.

6. Ecrivez porte fermée éditez porte ouverte

Coupez vous de l’extérieur, éteignez votre téléphone, n’aller pas sur internet. C’est de cette manière que vous pourrez vous concentrer assez longtemps pour pouvoir sortir ce que vous avez en vous. Le premier jet est pour vous, il doit refléter ce que vous avez dans la tête ou dans le cœur.

Une fois ce travail posé, ouvrez la porte pour la première relecture. Cela ne signifie pas que vous deviez présenter une oeuvre non aboutie. Mais lors de cette phase de relecture et de correction essayez de vous mettre à la place du public ou du client de votre oeuvre. Maintenant que la structure de votre oeuvre est posée il est important de s’assurer que celle-ci sera reçue et comprise comme vous le souhaitez par ce lecteur.

7. Laissez les personnages vivre

Stephen King conseille de ne pas s’attacher à écrire au préalable un scénario global. Sa méthode consiste à placer des personnages dans des situations et a retranscrire l’histoire qu’il voit se dérouler devant lui. Cette méthode n’est évidement pas adapté à tous les arts ou à tout les genres. On voit mal un roman policier être écrit de cette manière par exemple. C’est sûrement le fait qu’il ait lui même été surprit par la progression de sa propre histoire, qui donne au lecteur l’envie à chaque page de découvrir la suite.

Cette méthode peut être appliquée à d’autre activités créatives. En jazz par exemple, un groupe peut improviser autour d’une mélodie simple qui se répète puis se transforme.

C’est ce que font également collectivement les surréalistes lorsqu’ils inventent le cadavre exquis.

Man Ray, Max Morise, André Breton, Yves Tanguy - Cadavre Exquis (1928)

Man Ray, Max Morise, André Breton, Yves Tanguy – Cadavre Exquis (1928)

8. Le plus effrayant c’est avant de commencer. Ensuite ça ne fait que s’améliorer.

Une fois qu’on s’est lancé, qu’on a commencé à dire ses premières phrases, à coder ses premières fonctions, à tracer les premiers traits, les choses ne font que s’améliorer. La pompe est en marche et il reste « juste » à travailler.

Schumpeter, l’entrepreneur et les grappes d’innovation

Schumpeter, l’entrepreneur et les grappes d’innovation

Le moteur de l’économie, ce qui crée la valeur, c’est l’innovation.

C’est ce que démontre l’économiste Joseph Schumpeter au milieu du XXe siècle.

Par ces travaux, Schumpeter place l’entrepreneur au cœur de l’économie explore ce qu’est une innovation et explique grâce à la théorie des grappes d’innovation l’origine des cycles économiques qui nous font enchaîner périodes d’abondance et périodes de crise.

En bonus en fin d’article, et pour ne pas rester que dans la théorie économique, nous verrons quelles leçons l’individu peut tirer des travaux de Schumpeter pour progresser et construire son avenir.

(suite…)

L’essor de l’intelligence artificielle : la quatrième révolution industrielle

L’essor de l’intelligence artificielle : la quatrième révolution industrielle

Dans 15 ans un robot, ou une intelligence artificielle (IA) fera votre travail, et le fera mieux que vous. Quels sont les bouleversements qui s’annoncent ? Comment y faire face, prospérer et s’épanouir dans ce monde en devenir ?

Un monde de robots

HadrianX
Regardez cette image, on dirait un camion. Il s’agit pourtant d’un robot bien camouflé façon Transformers. Son petit nom : Hadrian X. Il est capable de découper et de poser 1000 briques par heures avec une précision de 0.5 millimètres grâce à son bras télescopique.
D’après l’OIT (Organisation Internationale du Travail) plus de 137 millions de travailleurs Cambodgien, Indonésien, Philippins, Thaïlandais et Vietnamiens devraient perdre leur travail d’ici 2020. Cela représente plus de la moitiés de la population active de ces pays.
En France, même si nous sommes loin de ces chiffres, le rapport de janvier 2017 du conseil d’orientation pour l’emploi estime à 1.89 millions le nombre d’emplois menacés de disparition par la robotisation soit 6% du nombre d’actifs. Pour comparaison, le chômage est aujourd’hui autour de 10%. Vous êtes peut être ingénieur, médecin, commercial ou banquier et vous vous dites que ces chiffres, aussi inquiétant qu’ils puissent être, ne vous concernent pas. J’ai une mauvaise nouvelle…

L’essor de l’intelligence artificielle

Cet homme est Ken Jenning, le meilleur joueur de Jeopardy ayant jamais foulé le plateau de l’émission. Pour ceux qui ne connaissent pas, Jeopardy est un jeu phare au Etats Unis. Jenning y a remporté 74 victoires d’affilé et empoché 2 520 000$ au total. Pour gagner il faut des connaissances de culture générale, de la rapidité (il faut buzzer avant les autres) et savoir parier car on mise à chaque manche une partie de ses gains potentiels pour essayer de les multiplier. Pas si simple, et pourtant ce grand champion a été battu en 2011 par la boite bleu que vous voyez là à savoir Watson l’intelligence artificielle développée par IBM. intelligence artificielle Watson Plus prêt de nous, vous avez sûrement entendu parler d’AlphaGo. L’intelligence artificielle développée sur la plateforme Deepmind de Google qui a récemment battu Lee Sedol, un des meilleurs joueurs de Go actuel. Il y a encore quelques années le jeu de Go était considéré comme inatteignable par la machine et un joueur correct était largement supérieur aux meilleurs programmes informatiques. Après s’être bien amusé et avoir ridiculisé les humains à leur jeux préférés, ces machines ont commencé à s’attaquer au choses sérieuses. Notamment dans la médecine où Watson diagnostique des maladies rares ou complexes en quelques minutes là où les médecins auraient mis des semaines. Deepmind lui détecte des signes précoces de cancers tout en s’adonnant à d’autre passe temps tels que réduire drastiquement la consommation énergétique des data center de google. Dans la finance des IA travaillent déjà d’arrache pied et son très utilisées car elles prennent des décision plus rapidement et efficacement que des humains. Les choses vont très vite, même Serguey Brin, le co-fondateur de google, qui est pourtant bien au courant de ce qui se passe dans ce domaine a déclaré être “surpris par la rapidité avec laquelle le domaine de l’intelligence artificielle se développe”.

D’autres chiffres qui font peur

Les experts du Forum Economic Mondial calculent que 5 millions d’emplois vont disparaître dans les pays développés dans les 3 ans à venir et  des chercheurs de l’université d’Oxford estiment qu’en 2030 la moitié de la population sera au chômage. On ne parle pas cette fois seulement des emplois manuels mais bien de tous les emplois, de toute la planète. On peut se dire qu’il faut lutter à tout prix pour éviter ça. Que nous devons nous battre becs et ongles pour conserver notre travail, fracasser à coup de hache tout ce qui ressemble de près ou de loin à un ordinateur. Mais je pense que ça n’est pas la peine de se voiler la face, il s’agit d’un mouvement mondial auquel on ne pourra pas échapper.

Vers une quatrième révolution industrielle

L’humanité a déjà connu ce genre d’événements à plusieurs reprises. On a même un terme pour cela : révolution industrielle. La première révolution industrielle a eu lieu au XVIIIème siècle et a été causée par le développement de la machine à vapeur, du textile et du transport maritime. La deuxième par la diffusion de l’électricité et du moteur à combustion interne au XIXème et début du XXème. La troisième révolution industrielle a commencé dans les années 1970 avec les ordinateurs et le développement d’internet. Avec l’émergence et l’adoption massive de ces technologies de rupture que sont l’intelligence artificielle et la robotisation auxquelles on peut rajouter sans doute les nanotechnologies et le transhumanisme, toutes les conditions sont désormais réunies pour que nous entrions dans une quatrième révolution industrielle. Ces moments de transitions ont été violents pour beaucoup de gens qui ont perdu leur travail ou ont dû changer leurs habitudes. Il s’agit d’être vigilant pour que chacun trouve sa place dans ce nouveau monde qui s’annonce et éviter que ne s’accroissent les inégalité et la détérioration de notre environnement. C’est notamment pour cela que de nombreux influenceurs tel Elon Musk ou Mark Zuckerberg militent pour un revenu universel de base. Mais ces révolutions industrielles ont également été des bons en avant énorme pour l’humanité qui a évolué dans son ensemble vers plus de santé, de sécurité et de confort. La question pour l’individu est de savoir comment tirer parti des opportunités qui approchent sans se laisser dépasser. Cela ne sert à rien de développer des connaissances et des capacités qui seront inutiles dans 5 ans. Lors de la première révolution industrielle, le meilleurs maréchal ferrant du monde a disparu mais celui qui a su adapter son savoir faire pour faire évoluer le travail du métal en utilisant un haut fourneau a prospéré. Aujourd’hui le principe est le même. Il s’agit de voir quels sont nos forces et nos faiblesses et quelle seront celles qui seront utiles ou handicapante demain.

Ne pas jouer sur le même terrain que la machine

Je suis persuadé que 90% de vos tache « intellectuelles » quotidiennes seront très facilement réalisée par une intelligence artificielle. Même si vous pensez que ce sont des choses compliquées. Comme tout le monde vous passez beaucoup de temps à répondre à des mails de clients, à reporter des données dans des tableau excel, à mettre en forme des documents ou à réaliser des plannings. Il ne s’agit sûrement d’activités qui font partie du cœur de votre métier. Vous ne créez aucune valeur en les réalisant. Mais si vous calculez réellement le temps que vous y passez je pense que vous vous rendrez compte que cela représente une énorme partie de votre journée. Tout comme le conducteur de train n’a plus à enfourner des pelletées de charbon dans le moteur de sa locomotive, toutes ces tâches sont amenées à disparaître de votre vie. Le mieux est donc d’apprendre rapidement à déléguer ces tâches à une intelligence artificielle. Vous n’avez pas besoin de savoir coder un réseau neuronal ou comprendre le deep learning pour cela, pas plus que vous n’avez besoin de comprendre le moteur a explosion pour conduire votre voiture. De nombreux services utilisant l’intelligence artificielle sont déjà disponibles et peuvent vous rendre de grand services dans votre vie personnelle ou professionnelle. Les assistant personnels virtuels : Siri, Alexa, Cortana ou Google Home peuvent noter vos rendez-vous, vous rappelez votre liste de tâche voir faire des achats pour vous. Les outils de reconnaissance de voix : Les mêmes peuvent vous permettre de faire du « speech to text » et de retranscrir par écrit directement vos entretiens ou vos idées. Les traducteurs : Google Translate est devenu très performant sur certaines langues depuis qu’il est dopé au deep learning. Au points que les gens ne font plus la différence entre un texte traduit par cet outil ou par un humain (le New York Times a écrit un très bon article à ce sujet). Les pro de l’image : si vous confiez votre bibliothèque de photos à Google Photo, il saura reconnaître toutes les personnes présentes sur chacune d’entre elles et vous permettra de faire des recherches afin de retrouver toutes les photos où apparaît un chat ou un vélo par exemple. Vous pouvez également utiliser des outils comme Rekognition d’Amazon qui utilise des réseaux neuronaux pour faire de la reconnaissance d’image. Du côté de chez Adobe, Sensei reconnaît non seulement les images mais peut les corriger tout seul en faisant disparaître un poteau disgracieux ou un touriste devant le Taj Mahal.

Se concentrer sur ses forces

De même que la voiture nous a libéré de la nécessité de marcher ou que les robot nous évitent de réaliser des tâches répétitives, ces outils offerts par l’intelligence artificielle restent des aides, non des nécessités. Une fois une partie des tâches intellectuelles délégués à la machine, ce qui reste à l’Homme, c’est la liberté de création. L’imagination et la capacité d’innovation seront des compétences qui prendront de plus en plus d’importance et offriront un avantage considérable à ceux qui auront su les développer. Etre créatif n’est pas un don inné réservé à certains individu chanceux. La créativité s’apprend et s’entretient. Jour après jour. Cherchez toujours à créer, amusez vous, expérimentez, apprenez. C’est de cette manière que vous pourrez prospérer et vous épanouir sur le plan professionnelle mais aussi personnel dans le monde de demain